Torture et mauvais traitements : les handicapés particulièrement visés

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Torture et mauvais traitements : les handicapés particulièrement visés

Manfred Nowak, rapporteur spécial sur la torture.

24 octobre 2008 – Alors que la torture reste fréquente voire commune dans de nombreux pays, les personnes handicapées sont de façon disproportionnée victimes de torture et de mauvais traitements, dans les prisons, les centres sociaux, les orphelinats ainsi que dans leurs propres foyers, selon un rapport d'un expert des Nations Unies.

« Les personnes handicapées sont souvent victimes de négligence, d'isolement, de graves formes de contraintes, ainsi que de violences physiques, mentales et sexuelles », affirme Manfred Nowak, rapporteur spécial auprès des Nations Unies sur la torture et d'autres formes de traitements ou punitions cruels, inhumains ou dégradants, lors d'une présentation devant la Troisième Commission de l'Assemblée générale.

L'expert a ajouté que les personnes handicapées sont aussi fréquemment exposées à des expériences médicales et à des traitements médicaux irréversibles sans leur consentement, y compris la stérilisation, l'avortement, des électrochocs et des drogues psychotropes.

Chez elles, elles sont particulièrement vulnérables aux violences et aux abus, notamment sexuels, par leur propre famille, leurs gardiens et des membres de leur communauté.

De façon plus large, Manfred Nowak a rappelé que la torture et les mauvais traitements continuent d'être fréquents dans de nombreux pays du fait d'un manque de surveillance de l'opinion publique.

Il a appelé les Etats Membres à ratifier le Protocole facultatif à la Convention des Nations Unies contre la torture et à établir les mécanismes nationaux de prévention prévus pour procéder à des visites des lieux de détentions afin qu'ils ne soient plus à l'abri du regard public.

Manfred Nowak a enfin déploré le recours excessif et trop fréquent à l'isolement des détenus, dans de nombreux pays, pratique qui a de graves effets médicaux.

« Lorsqu'il s'agit d'imposer une pression psychologique sur les individus, cette pratique coercitive doit être absolument prohibée », a déclaré le rapporteur, estimant que la pratique ne devrait être utilisée que dans des cas exceptionnels et pour une durée de temps limitée.

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