United Nations

E/CN.6/1995/2


Commission on the Status of Women

 Distr. GENERAL
27 fe'vrier 1995
FRANC'AIS
ORIGINAL : ANGLAIS


COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME
Trente-neuvie`me session
New York, 15 mars-4 avril 1995
Point 3 e) de l'ordre du jour provisoire*

     * E/CN.6/1995/1.


      PRE'PARATIFS DE LA QUATRIE`ME CONFE'RENCE MONDIALE SUR LES FEMMES :
      LUTTE POUR L'E'GALITE', LE DE'VELOPPEMENT ET LA PAIX : PROJET DE
                             PLATE-FORME D'ACTION

                        Projet de plate-forme d'action

                       Rapport du Secre'taire ge'ne'ral 

1.   Dans sa re'solution 38/10 1/, la Commission de la condition de la femme
a demande' au Secre'taire ge'ne'ral de mettre au point le projet de
plate-forme d'action, en se fondant sur les textes figurant en annexe a` cette
re'solution et en tenant compte des re'sultats des re'unions pre'paratoires
re'gionales, pour qu'elle l'examine a` sa trente-neuvie`me session.  Elle lui
a en outre demande' qu'y soient incluses des propositions visant a` renforcer
la coope'ration technique et financie`re en faveur des femmes.

2.   Dans cette me^me re'solution, la Commission a invite' le Secre'taire
ge'ne'ral a` organiser, avant sa trente-neuvie`me session, en concertation
avec le bureau, des consultations officieuses non restreintes sur le projet de
plate-forme d'action.  Des consultations officieuses ont eu lieu le 18 juillet
et du 7 au 9 de'cembre 1994.

3.   Le projet de plate-forme d'action fait l'objet de l'annexe ci-apre`s.


                                     Note

1/   Documents officiels du Conseil e'conomique et social, 1994,
Supple'ment No 7 (E/1994/27), chap. I, sect. C.


                                    Annexe

                        PROJET DE PLATE-FORME D'ACTION

                              TABLE DES MATIūRES

                                                            Paragraphes  Page

   I.  E'NONCE' DES OBJECTIFS. . . . . . . . . . . . . . . .    1 - 3     4

  II.  PLAN GE'NE'RAL. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .    4 - 33    4

 III.  DOMAINES D'INTE'RE^T CRITIQUES . . . . . . . . . . . .   34 - 37   10

  IV.  OBJECTIFS ET ACTIONS STRATE'GIQUES. . . . . . . . . .   38 - 182  11

       A.  Le fardeau croissant de la pauvrete' qui ne
           cesse de peser sur les femmes . . . . . . . . . .   39 - 55   11

       B.  L'ine'galite' de l'acce`s a` l'e'ducation et
           l'insuffisance des possibilite's dans ce domaine.   56 - 70   17

       C.  Les disparite's en matie`re sanitaire, l'ine'galite'
           de l'acce`s aux services et aux soins de sante' et
           les insuffisances dans ce domaine . . . . . . . .   71 - 87   21

       D.  La violence a` l'e'gard des femmes. . . . . . . .   88 - 99   30

       E.  Les effets des conflits arme's et d'autres types
           de conflit sur les femmes . . . . . . . . . . . .  100 - 109  34

       F.  L'ine'galite' dans l'acce`s et la participation
           des femmes a` la de'finition des structures et
           politiques e'conomiques et au processus de
           production lui-me^me. . . . . . . . . . . . . . .  110 - 127  39

       G.  L'ine'galite' entre hommes et femmes dans le
           partage du pouvoir et la prise de de'cisions a`
           tous les niveaux. . . . . . . . . . . . . . . . .  128 - 139  45

       H.  L'insuffisance des me'canismes charge's, a` tous
           les niveaux, de favoriser la promotion de la
           femme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  140 - 148  49

       I.  La me'connaissance des droits fondamentaux de la
           femme reconnus sur le plan international et
           national et le manque d'engagement en leur
           faveur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  149 - 160  53

       J.  La mobilisation insuffisante des me'dias pour
           favoriser l'apport constructif des femmes a` la
           socie'te' . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  161 - 170  56

       K.  L'insuffisance de la reconnaissance et du
           soutien de la contribution des femmes a` la
           gestion des ressources naturelles et a` la
           protection de l'environnement . . . . . . . . . .  171 - 182  59

   V.  DISPOSITIONS INSTITUTIONNELLES. . . . . . . . . . . .  183 - 231  64

       A.  Au niveau national. . . . . . . . . . . . . . . .  192 - 197  65

       B.  Au niveau re'gional . . . . . . . . . . . . . . .  198 - 201  66

       C.  Au niveau international . . . . . . . . . . . . .  202 - 231  67

  VI.  DISPOSITIONS FINANCIE`RES. . . . . . . . . . . . . . .  232 - 246 73

       A.  Au niveau national. . . . . . . . . . . . . . . .  236 - 240  74

       B.  Au niveau re'gional . . . . . . . . . . . . . . .     241     74

       C.  Au niveau international . . . . . . . . . . . . .  242 - 246  74


                          I.  E'NONCE' DES OBJECTIFS

1.   La Plate-forme d'action vise a` acce'le'rer l'e'limination des obstacles
qui empe^chent les femmes de participer pleinement et dans des conditions
d'e'galite' avec les hommes a` toutes les activite's de la vie publique et de
la vie prive'e, y compris la prise de de'cisions e'conomiques et politiques. 
Elle constitue un "Agenda pour l'e'galite'" qui tend a` sauvegarder les droits
fondamentaux des femmes tout au long de leur vie.  Elle insiste sur le
principe du partage des responsabilite's et du partenariat entre hommes et
femmes comme fondement de l'e'galite', du de'veloppement et de la paix.

2.   La Plate-forme d'action requiert que l'on s'emploie sans de'lai a`
cre'er un monde pacifique, de'veloppe' et juste fonde' sur le principe de
l'e'galite' de tous les e^tres humains, d'ou` qu'ils viennent et quel que soit
leur a^ge, et tirant parti de la force que repre'sentent la science,
l'e'nergie, la cre'ativite' et le savoir-faire des femmes.

3.   Pour assurer le succe`s de la Plate-forme d'action, il est ne'cessaire
de disposer d'institutions solides et de ressources suffisantes pour appliquer
les mesures convenues, de s'engager a` faire participer sur un pied
d'e'galite' les femmes et les hommes a` tous les organes et processus
de'cisionnels aux niveaux international, re'gional et national, et d'e'tablir
des me'canismes permettant de rendre compte aux femmes du monde entier des
promesses qui leur ont e'te' faites.

                              II.  PLAN GE'NE'RAL

4.   La quatrie`me Confe'rence mondiale des Nations Unies sur les femmes :
lutte pour l'e'galite', le de'veloppement et la paix a lieu a` l'aube d'un
nouveau mille'naire.

5.   Depuis la tenue, en 1985, a` Nairobi, de la Confe'rence mondiale
charge'e d'examiner et d'e'valuer les re'sultats de la De'cennie des
Nations Unies pour la femme : e'galite', de'veloppement et paix et l'adoption
des Strate'gies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la
femme 1/, le monde a connu de profonds changements politiques, e'conomiques,
sociaux et culturels.

6.   La fin de la guerre froide a bouleverse' le panorama international et
mis un terme a` la rivalite' entre les superpuissances.  Si la menace d'un
conflit mondial s'est atte'nue'e, la re'surgence du nationalisme et des
conflits ethniques compromet la paix dans de nombreuses re'gions.  Les
10 dernie`res anne'es ont par ailleurs e'te' caracte'rise'es par la monte'e en
puissance des socie'te's transnationales qui, de par leur nature me^me et leur
richesse, ne sont pas comptables de leurs activite's devant les gouvernements
et les peuples.  Les re'seaux mondiaux d'information qui se mettent en place
a` la faveur des nouvelles technologies re'duisent les distances qui se'parent
les peuples de cultures diffe'rentes.

7.   Dans de nombreux pays, la situation politique s'est de'bloque'e sous
l'effet d'un mouvement mondial de de'mocratisation.  En Afrique du Sud, la
politique de racisme institutionnalise' qu'e'tait l'apartheid a e'te'
de'mantele'e et le transfert du pouvoir s'est effectue' de manie`re pacifique
et de'mocratique.  De me^me, en Europe orientale, la transition vers une
de'mocratie parlementaire a e'te' rapide et relativement pacifique.

8.   La re'alisation des objectifs de de'veloppement a souffert de la
re'cession prolonge'e de l'e'conomie mondiale qui s'est fait sentir dans de
nombreux pays, en trai^nant une augmentation du cho^mage dans les pays
industrialise's et le transfert de la fabrication de certains produits
industriels dans des pays en de'veloppement.  Des blocs commerciaux re'gionaux
se sont cre'e's, d'autres se sont consolide's et l'Accord ge'ne'ral sur les
tarifs douaniers et le commerce a renforce' l'interde'pendance e'conomique des
pays.  La pe'riode a e'te' e'galement caracte'rise'e par d'importantes
de'penses militaires et un recul de l'aide internationale au de'veloppement.

9.   La fragilite' manifestement croissante de la paix, de l'environnement et
des institutions qui gouvernent les socie'te's a incite' la communaute'
internationale a` rechercher d'autres moyens d'assurer le de'veloppement et la
se'curite'.  La participation, a` un niveau e'leve' de responsabilite', de la
moitie' fe'minine de l'humanite' a` la vie publique est la condition me^me du
succe`s de ces efforts.  C'est pourquoi seule une transformation radicale des
relations entre les sexes permettra de relever les de'fis du nouveau
mille'naire.

10.  Lors de sa fondation, il y a 50 ans, l'Organisation des Nations Unies
s'est engage'e a` assurer la justice, le respect des droits de l'homme et le
progre`s social et a` maintenir la paix et la se'curite' internationales.  Les
re'alite's actuelles te'moignent de la difficulte' d'une telle entreprise en
ce qui concerne la plus grande partie de l'humanite'.  La situation des femmes
dans la socie'te' et les conditions dans lesquelles elles vivent montrent bien
que le passe' ne peut servir de re'fe'rence a` l'avenir.

11.  De nouveaux cadres directifs sont actuellement propose's.  L'Agenda pour
la paix de'finit des strate'gies de maintien de la paix, de diplomatie
pre'ventive et de re'tablissement de la paix.  L'Agenda pour le de'veloppement
propose des moyens pre'cis pour stimuler la coope'ration dans le domaine du
de'veloppement et renforcer le ro^le de l'Organisation des Nations Unies a`
cet effet.  Si la pre'sente Plate-forme d'action de'finit des strate'gies
pre'cises de de'veloppement et de paix, elle constitue aussi un agenda pour
l'e'galite'.

12.  Les femmes sont devenues les protagonistes du mouvement de l'humanite'
en faveur de la paix.  Toutefois, elles figurent aussi au premier rang des
re'fugie's en raison de la persistance des conflits nationalistes et
ethniques.  Il est essentiel, pour re'aliser l'Agenda pour la paix, qu'elles
participent sur un pied d'e'galite' aux processus de'cisionnels, aux
interventions multilate'rales, a` la diplomatie pre'ventive et a` toutes les
initiatives de paix.  Leur point de vue et leurs besoins spe'cifiques doivent
se refle'ter pleinement dans toutes les initiatives.

13.  La quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes s'inscrit dans la
continuite' d'un processus d'ampleur mondiale qui a de'bute' officiellement en
1975 lorsque l'Assemble'e ge'ne'rale des Nations Unies a proclame' l'Anne'e
internationale des femmes.  L'anne'e 1975 a marque' un tournant dans
l'histoire des femmes.  Dans de nombreux domaines, il n'existait pas, il y a
20 ans, de statistiques ventile'es par sexe.  On savait alors peu de choses de
la condition des femmes dans certaines socie'te's et, en particulier, de la
diversite' de leurs besoins, de leurs compe'tences et de leurs activite's.

14.  La De'cennie des Nations Unies pour la femme (1976-1985) a manifeste'
une volonte' universelle d'examiner la condition et les droits des femmes et
de faire en sorte que celles-ci participent a` la prise de de'cisions a` tous
les niveaux.  Certains gouvernements ont mis en place des structures
spe'cialement destine'es a` l'e'tude des proble`mes des femmes.  Les
organismes internationaux ont pre^te' davantage d'attention a` la condition,
au ro^le, aux compe'tences et aux besoins particuliers des femmes.  En 1979,
l'Assemble'e ge'ne'rale des Nations Unies a adopte' la Convention sur
l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes
2/, qui vise a` e'liminer la discrimination dont elles font l'objet et
l'ine'galite' entre les sexes.  En 1985, la Confe'rence mondiale charge'e
d'examiner et d'e'valuer les re'sultats de la De'cennie des Nations Unies pour
la femme : e'galite', de'veloppement et paix a adopte' les Strate'gies
prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme dont la mise en
oeuvre s'e'talera jusqu'en l'an 2000.  Les gouvernements ont e'te' instamment
invite's a` remanier les structures juridiques, politiques, e'conomiques et
sociales en vue d'assurer l'e'galite', le de'veloppement et la paix.  Dix ans
apre`s, cette promesse d'e'galite' et de partenariat est loin de s'e^tre
concre'tise'e.

15.  A` l'e'chelle mondiale, les femmes ne repre'sentent en moyenne que 10 %
a` peine de tous les le'gislateurs e'lus.  Seuls les pays nordiques ou`,
gra^ce a` leur niveau d'instruction, les femmes ont exige' et obtenu de
prendre part a` e'galite' avec les hommes, a` la prise des de'cisions
politiques, font exception a` cet e'tat de fait.  La Sue`de est le premier
pays a` faire part e'gale aux repre'sentants des deux sexes au niveau
gouvernemental.

16.  Dans tous les pays, la plupart des structures gouvernementales restent
toutefois domine'es par les hommes.  L'Organisation des Nations Unies ne fait
pas exception.  Cinquante ans apre`s sa cre'ation, elle continue de se priver
du be'ne'fice que pourrait lui apporter la contribution des femmes aux niveaux
les plus e'leve's de la hie'rarchie, de son secre'tariat et des institutions
spe'cialise'es, ou` elles sont toujours sous-repre'sente'es.  Dans le secteur
prive', la situation des femmes n'est gue`re plus enviable.  Les postes
d'encadrement et de direction des entreprises demeurent, pour l'essentiel, le
domaine re'serve' des hommes.

17.  Sous l'impulsion principalement du syste`me des Nations Unies, la
communaute' internationale s'est attache'e a` re'soudre les proble`mes qui se
sont pose's les 10 dernie`res anne'es.  Plusieurs confe'rences et conventions
ont de'fini les droits et responsabilite's des particuliers et des E'tats
concernant un grand nombre de questions d'ordre mondial.  Les organisations
non gouvernementales (ONG), en particulier les organisations de femmes, ont
joue' un ro^le de plus en plus important dans l'orientation des de'bats et
dans la formulation de recommandations sur la contribution que les femmes
peuvent apporter a` la solution des proble`mes.

18.  Le Sommet mondial pour les enfants, la Confe'rence des Nations Unies sur
l'environnement et le de'veloppement, la Confe'rence mondiale sur les droits
de l'homme, la Confe'rence mondiale sur le de'veloppement durable des petits
E'tats insulaires en de'veloppement, la Confe'rence internationale sur la
population et le de'veloppement et le Sommet mondial sur le de'veloppement
social ont tous examine' les divers aspects du de'veloppement et des droits
fondamentaux et, dans leurs domaines respectifs, se sont penche's sur
l'e'quilibre des rapports entre hommes et femmes.  De me^me, l'Anne'e
internationale des populations autochtones et l'Anne'e internationale de la
famille ont mis l'accent sur l'importance du renforcement du pouvoir et de
l'e'galite'.  Les femmes ont beaucoup contribue' a` e'laborer le suivi de ces
initiatives.

19.  Toutes ces manifestations internationales te'moignent que des proble`mes
d'importance mondiale menacent la survie me^me de l'humanite'.  Reconnai^tre
que les femmes ont un ro^le a` jouer face a` ces proble`mes, c'est
reconnai^tre qu'il faut assurer l'e'galite' et le partage des responsabilite's
entre hommes et femmes dans la famille et dans la socie'te'.  La communaute'
internationale s'accordant a` reconnai^tre que les femmes ont un ro^le
de'cisif a` jouer dans le de'veloppement, la quatrie`me Confe'rence mondiale
sur les femmes doit donc e^tre pour elle l'occasion de prendre des engagements
et de passer a` l'action.

20.  L'e'volution re'cente de la situation internationale a exerce' des
effets disproportionne's sur les femmes.  Dans les pays fortement endette's,
les programmes d'ajustement structurel, en contraignant les gouvernements a`
re'duire leurs services de base et leurs investissements en faveur du
de'veloppement humain, ont eu cette conse'quence que l'entie`re
responsabilite' des services sociaux essentiels repose de'sormais sur les
femmes, sans compensation aucune.  Dans certains pays en de'veloppement, en
particulier les pays africains, cette situation a e'te' aggrave'e par la
baisse du prix des produits de base.

21.  Les politiques macro-e'conomiques ont eu des conse'quences ne'fastes sur
les femmes et les familles, en particulier celles vivant dans la pauvrete'. 
Les ine'galite's en ce qui concerne la qualite' de vie, la nutrition, la
sante', l'e'ducation et les possibilite's de s'e'panouir et de mener une vie
productive se sont creuse'es d'une re'gion a` l'autre et a` l'inte'rieur de
chaque pays.  La pauvrete' a progresse' en termes absolus comme en termes
relatifs et le nombre des femmes qu'elle touche a partout augmente'.

22.  Un quart des me'nages du monde entier sont dirige's par des femmes et
ceux qui de'pendent du revenu de la femme, me^me lorsqu'ils comptent des
hommes, sont parmi les plus pauvres.  La de'sinte'gration des familles, les
migrations urbaines, les guerres et les de'placements internes de population
constituent des facteurs qui contribuent a` multiplier le nombre des me'nages
dirige's par des femmes.

23.  L'accroissement de la population mondiale atteint actuellement des
records absolus, avec des progressions de pre`s de 90 millions de personnes
par an.  Deux autres grandes tendances de'mographiques ont eu de profondes
re'percussions sur le rapport de de'pendance a` l'inte'rieur des familles. 
Dans de nombreux pays en de'veloppement, 45 a` 50 % de la population a moins
de 25 ans alors que, dans les pays industrialise's, le nombre et la proportion
des personnes a^ge'es augmentent.  Ce sont les femmes qui, s'occupant pour
l'essentiel des enfants, des malades et des personnes a^ge'es, portent le
poids de ce surcroi^t de responsabilite'.  Il faut donc reformuler les
politiques d'investissement social a` long terme pour assurer un partage plus
e'quitable des responsabilite's familiales entre les deux sexes.  Les femmes
e'prouvent des besoins diffe'rents au cours des diverses e'tapes de leur vie,
besoins dont il faut tenir compte dans la planification des politiques et la
mise en oeuvre des programmes et projets.

24.  Au cours des 20 dernie`res anne'es, le monde a e'te' te'moin d'une
explosion dans le domaine des communications.  Par suite des progre`s de
l'informatique et de la te'le'vision par satellite et par ca^ble, l'acce`s a`
l'information a` l'e'chelle mondiale continue de s'e'largir et ouvre de
nouvelles possibilite's a` la participation des femmes aux communications et
aux me'dias, ainsi qu'a` la diffusion d'informations sur les femmes. 
L'accroissement du ro^le des femmes dans les domaines techniques et
de'cisionnels des communications et des me'dias permettrait de faire plus
largement connai^tre la vie des femmes de leur propre point de vue.

25.  La de'gradation persistante de l'environnement a une influence directe
sur la vie des femmes qui voient leur sante' et la pe'rennite' de leurs moyens
de subsistance compromises par la pollution et les de'chets toxiques, ainsi
que par le de'boisement, la de'sertification et l'appauvrissement des sols a`
grande e'chelle.  Les femmes les plus touche'es sont celles qui vivent en
milieu rural, leurs moyens de subsistance et leur nourriture quotidienne
de'pendant directement d'e'cosyste`mes durables.

26.  Ces tendances ge'ne'rales et les conflits auxquels elles donnent lieu
ont entrai^ne' de profonds changements dans les strate'gies de survie et la
structure des familles.  L'exode rural est partout en nette augmentation. 
Selon les projections, la proportion de la population urbaine par rapport a`
l'ensemble de la population devrait atteindre 57 % d'ici a` l'an 2000.  On
estime a` 125 millions les migrants, personnes de'place'es et re'fugie's que
des conflits ou des proble`mes environnementaux ont contraints a` se
de'placer; la moitie' d'entre eux vivent dans des pays en de'veloppement.  Ces
mouvements massifs de population ont de profondes conse'quences sur la
structure familiale et des re'percussions ine'gales sur les femmes et les
hommes.

27.  Aux bouleversements d'ordre politique, e'conomique et e'cologique qui
ont marque' les 10 dernie`res anne'es s'est ajoute' le fle'au de la pande'mie
due au virus d'immunode'ficience humaine (VIH).  Selon des estimations de
l'Organisation mondiale de la sante' (OMS), a` la mi-1993, le nombre des
personnes atteintes du syndrome d'immunode'ficience acquise (sida) s'e'levait
a` 2,5 millions.  Celui des personnes infecte'es par le VIH serait
actuellement de 14 millions et les projections indiquent que 20 a` 30 autres
millions de personnes seront infecte'es d'ici a` la fin des anne'es 90 si des
strate'gies de pre'vention efficaces ne sont pas mises en oeuvre.  La
transmission du VIH aux femmes et aux filles augmente a` un rythme alarmant.

28.  Depuis 1975, une importante documentation sur la situation et les
conditions de vie des femmes a e'te' constitue'e.  De`s leur plus tendre
enfance et toute leur vie durant, les femmes pa^tissent de comportements, de
structures et d'un manque de ressources qui pe`sent sur leur vie quotidienne,
restreignent leurs aspirations et les empe^chent de participer pleinement a`
la vie publique, a` e'galite' avec les hommes.  La discrimination a` l'e'gard
des femmes s'exerc'ant de`s leur naissance, c'est de`s ce moment-la` qu'il
faut y faire pie`ce.

29.  Les 10 dernie`res anne'es ont bien montre' que les femmes, si davantage
de possibilite's leur sont offertes, notamment celle d'e^tre plus productives
et de se procurer des revenus, seront en mesure d'accroi^tre leur niveau de
vie et, par la`, de contribuer a` ame'liorer le bien-e^tre de leur famille, a`
atte'nuer et e'liminer la pauvrete' et a` ame'liorer les performances
e'conomiques de leur pays.

30.  Ces 10 dernie`res anne'es, la force grandissante des organisations non
gouvernementales, en particulier des organisations de femmes, s'est re've'le'e
e^tre l'e'le'ment moteur du changement.  En de'pit de la diversite' de leur
condition, les femmes se sont montre'es solidaires les unes des autres.  Elles
se sont organise'es et ont constitue' des re'seaux et plaide' collectivement
leur cause.  Les organisations de femmes ont fait office de catalyseur de
nouvelles conceptions du de'veloppement.  C'est, en particulier, gra^ce aux
ONG qu'elles ont pu participer a` des re'unions organise'es aux e'chelons
mondial, re'gional, national et local et exercer fortement leur influence dans
les de'bats internationaux sur la gestion et la pre'servation de
l'environnement, sur les droits de l'homme, sur la violence a` l'e'gard des
femmes, sur la question de la population et du de'veloppement durable, sur
l'expansion e'conomique et sur la science et la technologie.

31.  De me^me, c'est au cours de cette pe'riode que les compe'tences des
femmes ont e'te' reconnues dans toute leur diversite' et qu'on s'est aperc'u
que leurs connaissances traditionnelles en matie`re scientifique et technique,
en particulier celles des femmes autochtones, permettaient de re'soudre
certains proble`mes de manie`re novatrice et peu cou^teuse.  Cependant, les
femmes e'tant absentes des organes de de'cision, il n'a pas e'te' tenu
suffisamment compte de leurs attentes et de leurs priorite's et bon nombre
d'institutions n'ont pas su, de ce fait, e'voluer.

32.  Les Strate'gies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la
femme ont de'fini un cadre de travail permettant d'atteindre les objectifs
interde'pendants et comple'mentaires que sont l'e'galite', le de'veloppement
et la paix.  A` tous les stades de la vie et dans tous les domaines, le
processus de socialisation doit reposer sur le principe de l'e'galite' entre
les sexes.  Le foyer est le lieu ou` filles et garc'ons entendent parler pour
la premie`re fois de leurs droits et de leurs responsabilite's les uns envers
les autres comme envers la socie'te'.  Il est d'autant plus difficile
d'apporter des changements dans la vie publique qu'hommes et femmes ne vivent
pas sur un pied d'e'galite' dans la vie prive'e.

33.  Il a e'te' de'montre' gra^ce a` la solidarite' internationale qu'il
e'tait possible de mettre un terme au racisme institutionnalise'.  Il faut,
pour que l'e'galite' entre les sexes devienne re'alite', que la communaute'
internationale se mobilise a` nouveau et fasse preuve d'une plus grande
solidarite' et d'un sens accru des responsabilite's.  Dans leur diversite' et
leur universalite', l'expe'rience, la science, la vision et les espoirs des
femmes constituent une force, force qui doit e^tre a` la base de la mise en
oeuvre de la Plate-forme d'action.

                      III.  DOMAINES D'INTE'RE^T CRITIQUES

34.  La promotion de la femme et la re'alisation de l'e'galite' entre hommes
et femmes n'est pas simplement une question de justice sociale, c'est le seul
moyen de ba^tir une socie'te' viable, juste et de'veloppe'e.  L'attribution de
pouvoirs et de l'e'galite' aux femmes sont des conditions pre'alables
essentielles si l'on veut instaurer la se'curite' politique, sociale,
e'conomique, culturelle et e'cologique entre tous les peuples au cours du
sie`cle prochain.

35.  Les objectifs e'nonce's dans les Strate'gies prospectives d'action de
Nairobi pour la promotion de la femme n'ont pas e'te' re'alise's.  Malgre' les
efforts de gouvernements, d'organisations non gouvernementales, de femmes et
d'hommes e'claire's partout dans le monde, les femmes continuent de se heurter
a` une multitude d'obstacles sur la voie de l'autonomie et de l'e'galite'. 
Vastes perturbations politiques et e'conomiques, conflits arme's et pre'juge's
profonde'ment ancre's a` l'e'gard des femmes et des filles ne sont que
quelques-uns des obstacles rencontre's depuis la Confe'rence mondiale charge'e
d'examiner et d'e'valuer les re'sultats de la De'cennie des Nations Unies pour
la femme : e'galite', de'veloppement et paix, en 1985.

36.  L'e'tude des progre`s re'alise's depuis la Confe'rence de Nairobi fait
apparai^tre des proble`mes particuliers et des domaines prioritaires ou`
l'action s'impose d'urgence.  Toutes les parties qui oeuvrent pour la
promotion de la femme devraient axer leur action et leurs ressources sur les
domaines d'inte're^t critiques, qui sont ne'cessairement relie's,
interde'pendants et d'e'gale priorite'.

37.  La Plate-forme d'action vise a` acce'le'rer l'e'limination des obstacles
qui continuent d'entraver la pleine participation des femmes, sur un pied
d'e'galite', a` tous les domaines de la vie, notamment a` la prise de
de'cisions e'conomiques et politiques, a` prote'ger les droits fondamentaux
des femmes au cours de toutes les e'tapes de leur vie, et a` inte'grer les
questions les concernant dans tous les domaines du de'veloppement durable, de
fac'on que femmes et hommes puissent oeuvrer ensemble a` l'e'galite', au
de'veloppement et a` la paix.  A` cette fin, la communaute' internationale,
les gouvernements, les organisations non gouvernementales et le secteur prive'
sont appele's a` prendre des mesures strate'giques dans les domaines critiques
ci-apre`s :

     ~   Le fardeau croissant de la pauvrete' qui ne cesse de peser sur les
         femmes;

     ~   L'ine'galite' de l'acce`s a` l'e'ducation et l'insuffisance des
         possibilite's dans ce domaine;

     ~   Les disparite's en matie`re sanitaire, l'ine'galite' de l'acce`s aux
         services et aux soins de sante' et les insuffisances dans ce
         domaine;

     ~   La violence contre les femmes;

     ~   Les effets des conflits arme's et autres types de conflit sur les
         femmes;

     ~   L'ine'galite' dans l'acce`s et la participation des femmes a` la
         de'finition des structures et politiques e'conomiques et au
         processus de production lui-me^me;

     ~   L'ine'galite' entre hommes et femmes dans le partage du pouvoir et
         la prise de de'cisions a` tous les niveaux;

     ~   L'insuffisance des me'canismes charge's, a` tous les niveaux, de
         favoriser la promotion de la femme;

     ~   La me'connaissance des droits fondamentaux de la femme reconnus sur
         le plan international et national et le manque d'engagement en leur
         faveur;

     ~   La mobilisation insuffisante des me'dias pour favoriser l'effort
         constructif des femmes a` la socie'te';

     ~   L'insuffisance de la reconnaissance et du soutien de la contribution
         des femmes a` la gestion des ressources naturelles et a` la
         protection de l'environnement.

                    IV.  OBJECTIFS ET ACTIONS STRATE'GIQUES

38.  Dans chacun des domaines ou` les proble`mes sont les plus pre'occupants,
l'on de'finit les proble`mes et l'on propose aux divers acteurs des objectifs
strate'giques et des mesures concre`tes pour les re'aliser.  Les objectifs
strate'giques sont de'finis compte tenu des proble`mes les plus pre'occupants,
et les mesures concre`tes a` prendre transcendent les limites entre e'galite',
de'veloppement et paix et refle`tent l'interde'pendance de ces trois objectifs
e'nonce's dans les Strate'gies prospectives d'action de Nairobi pour la
promotion de la femme.  Ces objectifs et mesures sont lie's, reve^tent une
e'gale priorite' et se renforcent mutuellement.

                   A.  Le fardeau croissant de la pauvrete' 
                       qui ne cesse de peser sur les femmes

39.  La pauvrete' est une situation multidimensionnelle et complexe qui
comporte plusieurs aspects : e'conomique, e'ducatif, social, politique,
culturel et technologique.  La re'cession e'conomique mondiale prolonge'e,
combine'e a` la crise de la dette et aux programmes d'ajustement structurel,
a` la lutte civile avec le de'placement subse'quent de personnes et a` la
de'gradation de l'environnement, ont sape' la capacite' des gouvernements de
re'pondre aux besoins fondamentaux de leurs populations.  Il en est re'sulte'
une tendance spe'cifique vers l'appauvrissement des femmes, dont le degre'
varie d'une re'gion a` l'autre.  Les migrations et l'e'volution des structures
familiales ont place' un fardeau supple'mentaire sur les femmes, surtout
celles qui ont plusieurs personnes a` leur charge.  Les politiques
macro-e'conomiques n'ont pas e'te' re'ajuste'es pour re'pondre a` ces
tendances.  Portant essentiellement sur le secteur structure' de l'e'conomie,
ces politiques, qui ne tenaient pas compte du fait qu'elles produisaient des
effets diffe'rents sur les deux sexes, ont eu ge'ne'ralement pour conse'quence
d'entraver les initiatives des femmes.  Pour e'liminer la pauvrete' et
re'aliser un de'veloppement durable, il faut faire pleinement contribuer les
femmes a` la formulation des politiques macro-e'conomiques et sociales ainsi
qu'aux initiatives de lutte contre la pauvrete'.

40.  Le renforcement du pouvoir des femmes est un facteur critique de
l'e'limination de la pauvrete'.  Les femmes contribuent a` l'e'conomie et a`
l'e'limination de la pauvrete' par le travail qu'elles effectuent, avec ou
sans re'mune'ration, au foyer, dans la collectivite' et sur le lieu de
travail.  Les femmes repre'sentent la majorite' des pauvres dans le monde et
il est essentiel de libe'rer leur potentiel productif si l'on veut e'liminer
la pauvrete'.

41.  Qui plus est, au cours des 10 dernie`res anne'es, le nombre de femmes
vivant dans la pauvrete' a augmente' hors de proportion par rapport a` celui
des hommes, en particulier dans les pays qui sont pauvres eux-me^mes.  Si
cette tendance peut s'attribuer en partie a` l'effet ne'gatif des programmes
d'ajustement structurel et au fardeau du service de la dette, elle est aussi
due a` la rigidite' des ro^les que la socie'te' assigne a` l'un et l'autre
sexe et a` l'acce`s limite' qu'ont les femmes a` l'e'ducation et aux
ressources productives.

42.  Si la pauvrete' affecte les me'nages dans leur ensemble, ce sont les
femmes qui portent le fardeau de loin le plus lourd et doivent chercher a`
ge'rer la consommation du me'nage dans une situation de pe'nurie de plus en
plus aigue".  C'est sur les femmes dans les campagnes, les femmes de'place'es
et les re'fugie'es que le fardeau pe`se le plus lourd.  Avec l'augmentation,
dans le monde entier, du nombre de me'nages dirige's par des femmes, un nombre
croissant de femmes divorce'es, veuves ou ce'libataires tombent dans une
pauvrete' de plus en plus profonde.  Les femmes a^ge'es et les tre`s jeunes
filles sont particulie`rement vulne'rables.  De nouvelles formes de pauvrete'
ont e'galement fait leur apparition.

43.  La pauvrete' des femmes est directement lie'e au fait qu'elles n'ont pas
acce`s aux services et a` l'e'ducation, qu'elles n'ont gue`re de droits et
que, en raison de la structure de la socie'te' et des comportements sociaux,
elles ont des difficulte's a` acce'der a` la proprie'te' foncie`re, a` la
succession, a` l'emploi, aux revenus, au cre'dit et a` la formation.  Lorsque
des possibilite's d'emploi existent, les femmes, en particulier si elles sont
jeunes, sont souvent rele'gue'es dans les cate'gories de salaire infe'rieures,
souvent sans se'curite' d'emploi ni protection juridique ou appui syndical.

44.  Les investissements qui augmentent la capacite' de production des femmes
en leur donnant acce`s au cre'dit, a` l'assistance technique et a` la
formation permettent de relever les revenus et d'ame'liorer la nutrition,
l'e'ducation et les soins de sante' dans le me'nage.  Toutefois, si on ne les
fait pas participer, en tant que partenaires ou responsables, a` la conception
des interventions macro-e'conomiques, on perd l'occasion d'accroi^tre leur
potentiel productif.

45.  L'on ne peut assurer un de'veloppement durable qu'en e'levant le statut
e'conomique et social des femmes.  L'e'galite' des chances dans l'e'ducation
et l'emploi pour assurer leur autonomie et leur inde'pendance financie`re,
l'acce`s aux soins de sante' et au logement, la garantie des droits des femmes
devant la loi et de leurs droits fondamentaux a` toutes les e'tapes de leur
vie sont des e'le'ments essentiels dans l'e'limination de la pauvrete'.  Des
mesures analogues cible'es spe'cifiquement sur les plus pauvres parmi les
pauvres sont e'galement ne'cessaires.  Les femmes qui vivent dans la pauvrete'
ont montre' qu'elles avaient des connaissances, des capacite's et des
compe'tences en matie`re de gestion.  Ce n'est qu'en leur donnant les moyens
de participer pleinement que l'on permettra aux femmes et a` leurs familles de
sortir de la pauvrete'.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE A.1

           Adopter et appliquer des politiques macro-e'conomiques et
          des strate'gies de de'veloppement re'pondant aux besoins et
           aux efforts des femmes dans la lutte contre la pauvrete'

Mesures a` prendre

46.  Les gouvernements devraient :

     a)  Appliquer des politiques macro-e'conomiques saines et soucieuses
d'e'quite' entre les sexes, conc'ues de fac'on a` assurer la pleine
participation des femmes et fonde'es sur des strate'gies de de'veloppement
axe'es sur la personne humaine;

     b)  Restructurer et cibler la re'partition des de'penses publiques pour
re'pondre aux besoins fondamentaux des femmes et faire be'ne'ficier les
pauvres des services sociaux, en particulier en ce qui concerne l'e'ducation,
les soins de sante' primaires, y compris la planification familiale, et
faciliter l'acce`s a` l'eau salubre;

     c)  Allouer les ressources financie`res, techniques et humaines
ne'cessaires pour assurer la se'curite' et l'autonomie alimentaires;

     d)  Fournir des filets de se'curite' ade'quats et renforcer les
syste`mes d'appui publics et communautaires en tant que partie inte'grante de
la politique sociale, afin de permettre aux pauvres de survivre dans des
environnements e'conomiques adverses et de pre'server leurs moyens d'existence
et leurs avoirs en temps de crise;

     e)  Adopter des politiques e'conomiques ayant un effet positif sur
l'emploi et le revenu des travailleuses;

     f)  Formuler et appliquer des politiques dans les domaines e'conomique
et agricole et les domaines connexes visant spe'cifiquement a` soutenir les
me'nages dont le chef est une femme;

     g)  E'laborer des politiques et programmes agricoles qui prote`gent et
encouragent les productrices de denre'es alimentaires, en particulier en
mettant en place la technologie et l'infrastructure approprie'es (marche's,
routes d'acce`s, transports, etc.), surtout dans les zones rurales;

     h)  E'laborer et appliquer des politiques des prix agricoles e'quitables
et mettre au point des programmes d'emploi et de lutte contre la pauvrete' qui
facilitent l'acce`s des acheteurs de produits alimentaires;

     i)  Mettre en place des mesures visant a` aider les femmes de'place'es
a` entrer sur le marche' de la production, notamment en reconnaissant les
qualifications et les compe'tences des immigrantes et des re'fugie'es, de
fac'on a` les inte'grer pleinement a` la population active;

     j)  E'laborer des programmes novateurs pour fournir un logement
abordable et l'acce`s a` la terre, en insistant particulie`rement sur les
besoins des femmes chefs de famille, des handicape'es, des indigentes, des
femmes de'place'es et a^ge'es, qui vivent dans l'extre^me pauvrete';

     k)  E'laborer des programmes spe'ciaux qui tiennent compte des besoins
spe'cifiques des enfants, en particulier des petites filles, des jeunes femmes
et des femmes a^ge'es qui sont le moins a` me^me d'acce'der aux ressources;

     l)  E'tablir des me'canismes pour veiller a` ce que la re'partition des
ressources aux niveaux macro-e'conomique et sectoriel et a` celui des projets
tienne compte des cou^ts sociaux et des be'ne'fices du travail des femmes;

     m)  Allouer des ressources suffisantes aux personnes se livrant a`
l'agriculture de subsistance, dont la majorite' sont des femmes, dans les
domaines du financement, des services et des intrants, afin d'accroi^tre la
production.

47.  Les institutions internationales de financement et de de'veloppement,
les bailleurs de fonds internationaux et bilate'raux, en particulier la Banque
mondiale, le Fonds mone'taire international et les banques re'gionales de
de'veloppement devraient :

     a)  Consacrer davantage de ressources a` l'e'limination de la pauvrete'
et concentrer les efforts sur les femmes qui vivent dans la pauvrete';

     b)  Prendre toujours en conside'ration les questions touchant l'e'quite'
entre les sexes dans la conception et l'application des programmes de pre^t,
y compris les programmes d'ajustement structurel;

     c)  Re'duire substantiellement ou annuler la dette exte'rieure pour
accroi^tre les capacite's des pays pauvres de financer des programmes et
projets en faveur des femmes de'savantage'es;

     d)  Veiller a` ce que les programmes d'ajustement structurel ne
transfe`rent pas la responsabilite' des services sociaux de base des
gouvernements aux femmes, sans compensation;

     e)  Cre'er des conditions propices pour que les femmes puissent subvenir
durablement a` leurs besoins.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE A.2

        Re'viser les le'gislations et les pratiques administratives   
        qui limitent l'acce`s des femmes de'savantage'es aux ressources
                                 e'conomiques

Mesures a` prendre

48.  Les gouvernements devraient :

     a)  Fournir des services juridiques a` faible cou^t, y compris des
programmes, conc'us a` l'intention des femmes qui vivent dans la pauvrete',
visant a` leur inculquer un minimum de connaissances sur leurs droits au
regard de la loi;

     b)  Abroger les lois qui exacerbent la pauvrete' chez les femmes
de'savantage'es, en particulier les lois relatives a` la succession ainsi
qu'aux droits fonciers et a` toutes les formes d'occupation et de proprie'te'
des terres.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE A.3

            Ouvrir aux femmes l'acce`s au cre'dit et a` l'e'pargne

Mesures a` prendre

49.  Les gouvernements devraient :

     a)  Apporter un appui le'gislatif et financier aux banques et
institutions financie`res qui fournissent des services aux femmes
de'savantage'es dans les zones rurales et urbaines;

     b)  Encourager les liens entre institutions financie`res et
organisations non gouvernementales et appuyer les pratiques novatrices de
pre^t comme celles de la banque Grameen au Bangladesh.

50.  Les banques commerciales, les institutions financie`res spe'cialise'es
et le secteur prive' devraient :

     a)  Utiliser un syste`me de cre'dit et d'e'pargne qui permette
d'atteindre les femmes pauvres et de re'duire les frais de transaction et
rede'finir les risques;

     b)  Ouvrir des guichets spe'ciaux pour les pre^ts destine's aux femmes,
y compris les femmes jeunes, qui n'ont pas acce`s aux sources traditionnelles
de garanties bancaires;

     c)  Re'duire le montant minimum des de'po^ts et autres conditions
d'ouverture de comptes en banque;

     d)  Assurer la participation des emprunteuses a` la prise de de'cisions
dans les institutions qui fournissent des services financiers et de cre'dit,
et si possible leur permettre d'en e^tre coproprie'taires.

51.  Les organisations coope'ratives internationales, multilate'rales et
bilate'rales de de'veloppement devraient appuyer, en leur fournissant des
capitaux et des ressources, les institutions financie`res qui desservent les
femmes chefs d'entreprise et productrices a` faibles revenus, tant dans le
secteur structure' que non structure'.

52.  Les gouvernements et les institutions financie`res multilate'rales
devraient :

     a)  Revoir les re`gles et proce'dures des institutions financie`res
publiques, nationales et internationales, qui font obstacle a` la
transposition du mode`le de la banque Grameen;

     b)  Assurer la parite' dans le mouvement et l'utilisation des ressources
financie`res destine'es aux me'nages a` faible revenu, aux femmes chefs
d'entreprise et productrices d'ici a` l'an 2005;

     c)  Apporter un appui financier, technique et institutionnel a`
1 000 institutions financie`res et organisations non gouvernementales
participatives d'ici a` l'an 2005.

53.  Les organisations internationales devraient accroi^tre le financement
des programmes et projets visant a` promouvoir les activite's d'entreprises
productives et viables chez les femmes de'savantage'es.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE A.4

                Mener des recherches visant a` aider les femmes
                           a` sortir de la pauvrete'

Mesures a` prendre

54.  Les gouvernements, les organisations intergouvernementales, les
e'tablissements universitaires et de recherche, et le secteur prive'
devraient :

     a)  Mettre au point des moyens the'oriques et pratiques pour incorporer
un point de vue non sexiste dans tous les aspects de l'e'laboration de
politiques e'conomiques, y compris de programmes d'ajustement structurel;

     b)  Mener des e'tudes sur la fac'on dont les programmes d'ajustement
structurel affectent diffe'remment les deux sexes et diffuser les conclusions
de ces recherches.

55.  Les organisations nationales et internationales de statistiques
devraient :

     a)  Rassembler des donne'es ventile'es par sexe et par a^ge sur la
pauvrete' et tous les aspects de l'activite' e'conomique, et e'laborer des
indicateurs statistiques pour faciliter l'e'valuation de la performance
e'conomique du point de vue de l'un et l'autre sexe;

     b)  Rassembler et analyser des donne'es statistiques sur la contribution
du travail non paye' des femmes a` l'e'conomie nationale.

        B.  L'ine'galite' de l'acce`s a` l'e'ducation et l'insuffisance
              des possibilite's dans ce domaine                      

56.  Droit fondamental de l'homme, l'e'ducation est aussi un moyen essentiel
pour atteindre les objectifs d'e'galite', de de'veloppement et de paix.  Les
filles comme les garc'ons ont tout a` gagner d'un enseignement non
discriminatoire qui, au bout du compte, contribue a` instaurer des relations
plus e'galitaires et plus de'mocratiques entre les femmes et les hommes.  Les
femmes ne pourront prendre une part plus active au changement que si
l'e'galite' d'acce`s a` l'e'ducation leur est assure'e.  On a vu a` quel point
il e'tait rentable, sur le plan tant social qu'e'conomique, d'investir dans
l'e'ducation et la formation des filles et des femmes : c'est donc la` l'un
des meilleurs moyens de parvenir a` un de'veloppement durable.

57.  Dans certaines re'gions du monde, filles et garc'ons ont de'sormais
e'galement acce`s a` l'enseignement primaire; les filles sont de plus en plus
pre'sentes dans l'enseignement secondaire et leur nombre augmente me^me dans
l'enseignement supe'rieur.  Pourtant, plus de cinq ans apre`s l'adoption par
la Confe'rence mondiale sur l'e'ducation pour tous (Jomtien, Thai"lande, 1990)
de la De'claration mondiale sur l'e'ducation pour tous et le Cadre d'action
pour re'pondre aux besoins e'ducatifs fondamentaux, "L'e'ducation pour tous",
quelque 100 millions d'enfants, dont au moins 60 millions de filles, ne vont
pas du tout a` l'e'cole et plus des deux tiers des 960 millions
d'analphabe`tes adultes que compte la population mondiale sont des femmes. 
Or, un taux d'analphabe'tisme fe'minin e'leve' ou en augmentation, comme c'est
le cas en Asie du Sud et en Afrique, reste un obstacle majeur a`
l'e'panouissement personnel comme au de'veloppement national.

58.  En matie`re d'e'ducation, les filles sont toujours en butte a` la
discrimination dans bien des re'gions du monde, du fait des traditions, des
mariages et grossesses pre'coces, de l'insuffisance de mate'riel pe'dagogique
et de la pe'nurie d'e'tablissements scolaires.  Souvent, elles commencent a`
s'acquitter de pe'nibles corve'es me'nage`res a` un a^ge tre`s tendre.  On
attend d'elles et des jeunes filles qu'elles remplissent leurs obligations
scolaires sans ne'gliger leurs devoirs domestiques, ce qui se traduit souvent
par des re'sultats scolaires me'diocres et des abandons pre'coces.  Cela a des
conse'quences de grande porte'e sur le ro^le que les femmes sont appele'es a`
jouer en tant que travailleuses et en tant que me`res, ainsi que sur leur
participation a` l'e'laboration des politiques et a` la prise de de'cisions.

59.  Les programmes scolaires et le mate'riel pe'dagogique demeurent dans une
large mesure empreints de pre'juge's sexistes; ils ne tiennent pas compte du
fait que filles et garc'ons ne se de'veloppent pas au me^me rythme et ils sont
rarement adapte's aux besoins spe'cifiques des filles et des femmes.  Les
ro^les fe'minins traditionnels s'en trouvent ainsi renforce's et les
possibilite's de participer pleinement et sur un pied d'e'galite' a` la vie de
la socie'te' gravement hypothe'que'es.  Le fait que les enseignants a` tous
les niveaux, y compris les conseillers pe'dagogiques, ne sont ge'ne'ralement
pas sensibles au proble`me accentue les disparite's existantes, encourage des
comportements discriminatoires et sape la confiance en soi des filles.

60.  Il faut mettre en place des syste`mes e'ducatifs qui pre'parent les
filles a` travailler dans n'importe quel domaine, qui les initient aux
sciences, aux techniques et aux communications modernes, stimulent leur
cre'ativite', ame'liorent leur confiance en soi et qui soient conc'us de
fac'on a` de'courager l'abandon scolaire si l'on veut progresser en matie`re
de de'veloppement humain.  Une formation scientifique et technique solide
pre'pare les femmes a` jouer un ro^le actif dans le de'veloppement technique
de leur pays; il convient donc de revoir les programmes de formation
professionnelle et technique dans ce sens.  La fac'on de vivre dans les pays
en de'veloppement change progressivement, sous la pousse'e de la technologie;
il est essentiel que les femmes ne soient pas seulement les be'ne'ficiaires du
progre`s technologique mais qu'elles en deviennent aussi les protagonistes, du
stade de la conception a` celui de l'application.  Trop souvent, l'e'ducation
donne'e aux filles ne les pre'pare pas a` exercer un emploi parce que les
politiques d'e'ducation et de formation n'ont pas su s'adapter a` un marche'
du travail en pleine e'volution.

61.  Les me'dias sont l'un des outils les plus efficaces d'e'ducation non
scolaire.  Les enseignants se doivent d'en reconnai^tre le potentiel et d'en
tirer parti pour favoriser l'e'panouissement et la promotion de la femme. 
C'est sur les jeunes que l'impact des me'dias est le plus fort; il importe
donc que les enseignants leur inculquent le sens critique et l'esprit
d'analyse.

62.  Ou` que ce soit, les ressources consacre'es a` l'e'ducation sont
insuffisantes, mais c'est dans les pays qui appliquent des programmes
d'ajustement structurel que le proble`me est le plus aigu, ce qui ne manquera
pas, a` long terme, d'avoir des re'percussions ne'gatives sur le
de'veloppement humain, en particulier en ce qui concerne les femmes.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE B.1

                    Assurer un acce`s e'gal a` l'e'ducation

Mesures a` prendre

63.  Les gouvernements devraient :

     a)  Assurer un acce`s e'gal a` l'enseignement primaire universel et
permettre a` au moins 80 % des enfants, en particulier les filles, d'achever
leurs e'tudes primaires.  Ils devraient de me^me assurer, d'ici a` l'an 2000,
un acce`s e'gal aux filles et aux garc'ons, quelles que soient leurs
aptitudes, a` l'enseignement secondaire et a` l'enseignement supe'rieur.  Ces
initiatives contribueront a` la re'alisation des objectifs fixe's dans la
Convention relative aux droits de l'enfant 3/ et dans la De'claration
mondiale sur l'e'ducation pour tous 4/;

     b)  Re'duire les ine'galite's en ce qui concerne les e'tudes de
troisie`me cycle, donner aux femmes les me^mes possibilite's en matie`re
d'organisation des carrie`res et de formation, et leur ouvrir en toute
e'galite' l'acce`s aux bourses d'e'tudes et de perfectionnement;

     c)  Mettre en place un syste`me e'ducatif attentif aux diffe'rences de
traitement entre les deux sexes afin d'offrir a` chacun les me^mes chances en
ce qui concerne les e'tudes et la formation et assurer la participation e'gale
des femmes a` la gestion de l'e'ducation et a` la prise des de'cisions;

     d)  Ame'liorer les taux de scolarisation et re'duire les taux d'abandon
scolaire chez les filles en s'assurant l'appui de la communaute' et des
parents gra^ce a` des campagnes de sensibilisation, en proposant des horaires
scolaires plus souples et en offrant des aides, des bourses et d'autres moyens
de re'duire le cou^t de la scolarite' des filles pour leur famille;

     e)  Offrir, dans les e'tablissements scolaires, des services
consultatifs et d'orientation professionnelle non discriminatoires et non
sexistes propres a` encourager les filles a` choisir des matie`res classiques
et techniques, afin d'e'largir la gamme des professions qu'elles pourront
exercer par la suite.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE B.2

           E'liminer l'analphabe'tisme fe'minin dans le monde entier
                              d'ici a` l'an 2000

Mesures a` prendre

64.  Les gouvernements, les instances internationales, re'gionales et
nationales, les donateurs bilate'raux et multilate'raux, ainsi que les
organisations non gouvernementales devraient :

     a)  Re'duire d'au moins de moitie' d'ici a` l'an 2000 le taux
d'analphabe'tisme des adultes, l'accent e'tant mis sur l'alphabe'tisation des
femmes;

     b)  Faire disparai^tre l'e'cart entre les hommes et les femmes en
matie`re d'alphabe'tisation d'ici a` l'an 2000, comme le recommande la
De'claration de Jomtien sur l'e'ducation pour tous, et re'duire les
ine'galite's qui subsistent a` cet e'gard entre pays de'veloppe's et pays en
de'veloppement.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE B.3

         Ame'liorer l'acce`s a` la formation professionnelle, a`      
          l'enseignement scientifique et technique et a` l'e'ducation
                                  permanente

Mesures a` prendre

65.  Les gouvernements, en coope'ration avec les employeurs, la
collectivite', ainsi que les associations de femmes et de jeunes devraient :

     a)  Mettre au point des politiques en matie`re d'e'ducation, de
formation et de recyclage axe'es sur les femmes, en particulier les jeunes
femmes, pour leur permettre d'acque'rir les compe'tences requises par une
e'conomie en e'volution;

     b)  Diversifier les programmes de formation professionnelle et technique
et ouvrir plus largement aux femmes l'acce`s a` l'e'ducation dans le domaine
des sciences, des mathe'matiques, de l'inge'nierie, des sciences et techniques
de l'environnement, des technologies de l'information et des techniques de
pointe, ainsi qu'aux e'tudes de gestion;

     c)  Adapter les programmes scolaires et le mate'riel pe'dagogique afin
d'encourager les femmes a` embrasser des carrie`res qui ne sont pas
traditionnellement fe'minines;

     d)  Offrir aux femmes qui travaillent dans le secteur de l'agriculture,
de l'industrie et du commerce davantage de possibilite's de formation
technique, commerciale et a` la gestion, pour leur donner davantage de moyens
pour exercer des activite's ge'ne'ratrices de revenus, participer a` la prise
de de'cisions dans le domaine e'conomique et contribuer a` la production et a`
la commercialisation.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE B.4

         Mettre au point des syste`mes d'enseignement et de formation
                             non discriminatoires

Mesures a` prendre

66.  Les gouvernements, les ministe`res de l'e'ducation et autres
institutions scolaires et universitaires devraient :

     a)  E'laborer des programmes scolaires, des manuels scolaires et du
mate'riel didactique exempts de ste're'otypes sexuels, a` tous les niveaux
d'e'tudes, y compris celui de la formation des enseignants;

     b)  E'laborer des programmes de formation et du mate'riel pe'dagogique
a` l'usage des professeurs et des formateurs propres a` les sensibiliser a` la
condition fe'minine et au ro^le des femmes dans la famille et la socie'te', et
a` promouvoir les notions d'e'galite', de coope'ration, de respect mutuel et
de partage des responsabilite's entre les deux sexes de`s le jardin d'enfants;

     c)  Prendre les mesures qui s'imposent pour augmenter la proportion de
femmes aux postes de conception et de de'cision en matie`re d'e'ducation, dans
l'enseignement supe'rieur et dans les disciplines universitaires qui sont
traditionnellement l'apanage des hommes;

     d)  Financer e'tudes et recherches sur le ro^le des hommes et des femmes
et sur leur condition respective et tenir compte des re'sultats de ces e'tudes
dans l'e'laboration de programmes scolaires, de manuels et de mate'riel
pe'dagogique, ainsi que dans la formation des enseignants;

     e)  Mettre au point des programmes d'e'ducation et d'information,
notamment en coope'ration avec les me'dias, destine's a` faire prendre
conscience au public, et surtout aux parents, de l'importance qu'il y a a`
donner aux enfants, et surtout aux filles, une e'ducation non discriminatoire
et a` veiller a` re'partir e'quitablement les responsabilite's domestiques
entre les filles et les garc'ons.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE B.5

          Assurer un financement suffisant des re'formes du syste`me
                       scolaire, ainsi que de leur suivi

Mesures a` prendre

67.  Les gouvernements devraient :

     a)  De'gager les ressources ne'cessaires a` l'e'ducation en proce'dant
a` des transferts budge'taires a` partir d'autres secteurs (militaire, par
exemple), en veillant a` ce qu'au moins 50 % des fonds ainsi de'gage's soient
consacre's a` l'e'ducation de base;

     b)  Cre'er un me'canisme permettant de suivre l'application des
re'formes et des mesures prises par les ministe`res compe'tents.

68.  Les gouvernements, les institutions publiques et prive'es, les
fondations, les instituts de recherche et les organisations non
gouvernementales devraientre'unir des ressources supple'mentaires en faisant
appel au secteur prive' pour qu'il prenne en charge une partie des de'penses
consacre'es a` l'e'ducation.

69.  Les organismes multilate'raux de de'veloppement, y compris la Banque
mondiale et les banques re'gionales de de'veloppement, ainsi que les
fondations et les donateurs bilate'raux devraient :

     a)  Augmenter les ressources consacre'es a` l'e'ducation et a` la
formation des filles et des femmes en re'servant a` ce secteur un rang de
priorite' e'leve' dans les programmes de de'veloppement;

     b)  Maintenir ou augmenter le montant des ressources alloue'es a`
l'e'ducation dans les programmes d'ajustement structurel, y compris dans les
programmes de pre^t et de stabilisation.

70.  Au niveau mondial, les organisations internationales et intergouverne-
mentales, en particulier l'UNESCO, devraient e'valuer les progre`s accomplis
au moyen d'indicateurs mis au point par des  organismes nationaux, re'gionaux
et internationaux et rendre les gouvernements comptables des mesures qu'ils
auront prises pour re'tablir la parite' entre les hommes et les femmes en
matie`re d'e'ducation et de formation ainsi que des re'sultats qu'ils auront
obtenus dans tous les domaines, en particulier l'e'ducation de base et
l'alphabe'tisation.

     C.  Les disparite's en matie`re sanitaire, l'ine'galite' de l'acce`s
           aux services et aux soins de sante' et les insuffisances    
            dans ce domaine                                            

71.  Le droit a` la sante' est un droit fondamental, qui est d'une importance
essentielle pour les femmes, conditionnant la possibilite' pour celles-ci
d'intervenir dans tous les domaines de la vie publique et prive'e.  Or, des
millions d'entre elles ignorent ce que peuvent e^tre la sante' et le
bien-e^tre.  La sante' des femmes de'pend de multiples facteurs, notamment de
leurs diffe'rences biologiques et de leur condition sociale, de la
discrimination dont elles peuvent faire l'objet, de la difficulte' d'acce`s
aux services de soins de sante' et de l'absence de services qui soient
adapte's a` leurs besoins.  Le manque de nourriture et l'acce`s insuffisant
aux sources d'approvisionnement en eau salubre et aux infrastructures
sanitaires, en particulier dans les zones rurales et les zones urbaines
pauvres, ainsi que les mauvaises conditions de logement, ont pour effet de
faire peser un fardeau excessif sur les femmes et leur famille et de
constituer une menace pour leur sante'.  Des progre`s conside'rables ont e'te'
re'alise's dans de nombreux pays en matie`re de soins de sante' primaires,
mais les taux de morbidite' et de mortalite' restent e'leve's parmi les femmes
en raison de l'attention insuffisante porte'e a` la sante' en matie`re de
reproduction.

72.  Par le truchement des organisations au sein desquelles elles sont
regroupe'es, les femmes ont fait connai^tre leurs pre'occupations au sujet de
leur propre sante'.  Dans la lutte qu'elles me`nent contre les maladies
sexuellement transmissibles, les femmes, qui repre'sentent la moitie' des
nouveaux cas de sida et d'infection par le VIH parmi les adultes, ont mis
l'accent sur leur vulne'rabilite' sociale.  Elles ont proclame', dans les
instances nationales et internationales, que l'e'galite' - y compris le
partage des responsabilite's familiales - le de'veloppement et la paix
e'taient des conditions ne'cessaires pour qu'elles puissent jouir d'une sante'
optimale tout au long de leur existence.

73.  La sante' physique et mentale des femmes est compromise par les facteurs
sociaux et par des facteurs lie's aux comportements, qui ont pour effet de
restreindre pour elles l'acce`s a` des soins de sante', a` des informations et
a` des services de qualite'.  Le proble`me est encore aggrave' par la
de'gradation constante du syste`me de sante' publique, la diminution des
de'penses publiques de sante' et la privatisation des services publics.  Cette
situation a des re'percussions directes sur l'e'tat de sante' des filles et
des femmes et elle fait en outre peser sur les femmes des responsabilite's
supple'mentaires du fait que ce sont elles surtout qui assurent les soins de
sante' au sein de la famille et de la communaute'.  Le ro^le des femmes est
trop souvent ignore' et l'appui e'conomique et social ne'cessaire leur fait
de'faut.

74.  Les femmes n'ayant pas suffisamment acce`s aux me'thodes contraceptives
su^res et efficaces, et aux soins de sante' maternelle de haute qualite', et
e'tant fre'quemment victimes d'avortements pratique's dans de mauvaises
conditions, on enregistre chaque anne'e plus de 500 000 de'ce`s lie's a` la
maternite', et d'autre part, quelque 20 millions de femmes sont aux prises
avec des complications graves et chroniques.  La plupart de ces de'ce`s,
maladies et le'sions diverses pourraient e^tre e'vite's si les femmes avaient
plus largement acce`s a` des services de soins de sante' adapte's a` leurs
besoins et disposaient notamment d'un large choix de me'thodes contraceptives
su^res et efficaces.  Le partage des responsabilite's entre hommes et femmes
en matie`re de sexualite' et de procre'ation est aussi essentiel a`
l'ame'lioration de l'e'tat de sante' des femmes.

75.  En matie`re de nutrition et de soins de sante', les filles sont victimes
d'une discrimination qui n'est pas sans incidences sur leur e'tat de sante'
pre'sent et futur.  Les traditions qui font que les filles sont contraintes de
se marier et de devenir me`res a` un jeune a^ge et les pratiques
pre'judiciables comme la pre'fe'rence donne'e aux garc'ons ou les mutilations
sexuelles leur font inutilement courir des risques sur le plan de la sante'.

76.  Les violences sexuelles et les maladies sexuellement transmissibles,
notamment le VIH et le sida, ont des effets de'vastateurs sur la sante' des
femmes, en particulier pour les adolescentes et les jeunes femmes.  Les femmes
ne sont pas toujours en mesure d'exiger des rapports sexuels sans danger et
n'ont que peu acce`s a` l'information sur la pre'vention.  Les conse'quences
du VIH et du sida ne se limitent pas pour les femmes a` la sante', elles
alourdissent aussi leur ro^le de soignantes aupre`s des malades et des
indigents.  Les re'percussions sociales, e'cologiques et sanitaires du sida
devraient e^tre e'value'es en fonction du sexe, mais ce n'est pas toujours le
cas.  Les cancers de l'appareil ge'nital et la ste'rilite', affections qui
pourraient souvent e^tre e'vite'es, touchent aussi un nombre croissant de
femmes.

77.  Les conse'quences de relations sexuelles sans protection affectent
davantage les adolescentes que les adolescents, biologiquement et
psychologiquement.  Les expe'riences sexuelles pre'coces augmentent les
risques de grossesses non de'sire'es ou pre'coces, de contagion des maladies
sexuellement transmissibles, notamment du sida, et d'avortements pratique's
dans de mauvaises conditions.  Par ailleurs, une grossesse marque souvent pour
les adolescentes la fin des e'tudes.

78.  Il apparai^t de plus en plus nettement que les troubles mentaux ne
seraient pas sans rapport avec l'alie'nation sociale, le sentiment
d'impuissance et la pauvrete', des maux qui frappent les femmes davantage que
les hommes.  L'abus des drogues et la violence au sein du foyer font
e'galement partie des questions lie'es a` la sante' qui concernent de plus en
plus les femmes.  Les questions relatives a` l'hygie`ne du travail reve^tent
aussi une importance croissante, les femmes e'tant de plus en plus nombreuses
sur le marche' du travail structure', ou` elles constituent de'ja` plus du
tiers de la main-d'oeuvre, proportion qui est en augmentation.  Enfin, en
raison de l'allongement de l'espe'rance de vie, il faut d'urgence pre^ter une
attention accrue aux maladies chroniques non contagieuses ainsi qu'aux autres
pre'occupations des femmes a^ge'es dans le domaine de la sante'.

79.  Il n'y a pas de collecte syste'matique de donne'es statistiques sur la
sante' et ces donne'es ne sont pas automatiquement ventile'es ni analyse'es
selon l'a^ge et selon le sexe.  Certains pays ne disposent pas de donne'es
fiables et re'centes sur la mortalite' lie'e a` la maternite' ni d'indicateurs
connexes.  Les fonds manquent souvent pour financer des recherches dans des
domaines importants pour les femmes sur le plan sanitaire.  Il est
particulie`rement frappant de constater l'absence d'essais spe'cifiques
destine's a` recueillir des informations rudimentaires sur les effets
secondaires et le degre' d'efficacite' des me'dicaments administre's aux
femmes ni sur les doses a` prescrire.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE C.1

          Acce`s universel a` des services de soins de sante' et des
             services connexes adapte's, abordables et de qualite'

Mesures a` prendre

80.  Les gouvernements devraient :

     a)  Honorer les engagements pris lors de la Confe'rence internationale
sur la population et le de'veloppement et lors du Sommet mondial pour le
de'veloppement social afin de re'pondre aux besoins des femmes en matie`re de
soins de sante';

     b)  Concevoir dans le domaine des soins et des services de sante' des
interventions qui tiennent compte des ro^les et des responsabilite's multiples
des femmes, du temps qu'elles doivent y consacrer, des besoins particuliers
des femmes handicape'es et de la diversite' des besoins des femmes, selon
l'a^ge, la situation e'conomique et la culture;

     c)  Rendre plus accessibles, en les multipliant et en en diminuant le
cou^t, les services et les installations de soins de sante' primaires, y
compris les soins de sante' de la reproduction, la planification familiale,
l'information et autres services, tels qu'ils ont e'te' de'finis dans le
Programme d'action de la Confe'rence internationale sur la population et le
de'veloppement 5/;

     d)  Revoir l'information sanitaire, les services de sante', ainsi que la
formation dispense'e au personnel me'dico-sanitaire, de manie`re a` tenir
compte des besoins physiques et mentaux des femmes de tous a^ges, en adoptant
une approche globale impliquant des interventions dans les domaines de la
nutrition, du travail, de l'environnement, de la sexualite' et de la
procre'ation;

     e)  Renforcer et re'orienter les services de soins de sante', en
particulier les soins de sante' primaires, en faire be'ne'ficier la population
tout entie`re, et assurer universellement aux filles et aux femmes l'acce`s a`
des services de sante' de qualite', et notamment aux informations et services
lie's a` la sante' de la reproduction, de manie`re a` re'duire la morbidite'
lie'e a` la maternite' et a` re'aliser l'objectif fixe', a` savoir une
re'duction de 50 % d'ici a` l'an 2000 des taux de mortalite' lie'e a` la
maternite' enregistre's en 1990, et une nouvelle re'duction de moitie' d'ici
a` l'an 2015, et afin de dispenser des services de qualite' dans les
e'tablissements de soins primaires, secondaires et tertiaires;

     f)  Concevoir dans le domaine des soins de sante' des interventions
permettant de re'pondre aux besoins des femmes leur vie durant.  A` cet
e'gard, il faudrait accorder une attention particulie`re aux besoins des
filles.  On devrait s'attacher tout particulie`rement a` la re'alisation des
objectifs approuve's sur le plan international concernant la re'duction de la
mortalite' infantile et juve'nile, tout spe'cialement d'ici a` l'an 2000, la
re'duction des taux de mortalite' des enfants en bas a^ge et des enfants de
moins de 5 ans, d'un tiers par rapport au niveau de 1990, ou de 50 a` 70 pour
1 000 naissances vivantes, selon le taux qui repre'sente la re'duction la plus
importante, la re'duction d'ici a` l'an 2015 du taux de mortalite' infantile
a` un niveau infe'rieur a` 35 pour 1 000 naissances vivantes et la re'duction
du taux de mortalite' des enfants de moins de 5 ans a` un niveau infe'rieur
a` 45 p. 1000;

     g)  Adopter des mesures, des programmes et des lois pour re'duire et
e'liminer les risques d'accident ou de maladie auxquels sont expose'es les
femmes dans leurs activite's, a` domicile et sur le lieu de travail;

     h)  Inclure dans les syste`mes de soins de sante' primaires des services
de sante' mentale, mettre en place d'autres services d'aide et former le
personnel des services de soins de sante' primaires de manie`re a` ce qu'il
soit apte a` reconnai^tre et a` traiter les cas de de'tresse psychologique et
de mauvais traitements de tous ordres des femmes et des fillettes, dans le
cadre des conflits arme's et dans toute autre situation;

     i)  Revoir la le'gislation, l'e'quipement et les services existants dans
le domaine de la sante' mentale afin de les adapter a` l'e'volution du ro^le
et des responsabilite's des femmes, ou` qu'elles re'sident;

     j)  Cre'er des me'canismes de manie`re a` faire participer a`
l'e'laboration et a` l'exe'cution des politiques et des programmes du secteur
de la sante' et des secteurs connexes, tous ceux qui, a` tous les niveaux,
oeuvrent a` l'ame'lioration de l'e'tat de sante' des fillettes, des
adolescentes et des femmes (organisations non gouvernementales et autres
organismes, groupes scientifiques et techniques, professionnels de la sante',
etc.;

     k)  Assurer un appui financier et fournir des informations afin
d'accroi^tre les moyens des organisations non gouvernementales oeuvrant dans
le domaine de la sante' des femmes et de favoriser la cre'ation de re'seaux
permettant de renforcer la collaboration et la coordination entre tous les
secteurs en rapport avec la sante';

     l)  Rationaliser les politiques d'achat et d'utilisation des
me'dicaments en prenant comme re'fe'rence la liste des me'dicaments essentiels
de l'OMS;

     m)  Permettre aux femmes qui abusent des drogues et a` leur famille de
mieux avoir acce`s aux services de traitement et ame'liorer la qualite' de ces
services;

     n)  Assurer la se'curite' alimentaire et permettre l'acce`s universel a`
l'eau potable et aux services d'assainissement d'ici a` l'an 2000.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE C.2

        Renforcer les programmes de pre'vention des principaux risques
          auxquels sont expose'es les femmes sur le plan de la sante'

Mesures a` prendre

81.  Les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les organes
d'information et autres organismes devraient :

     a)  Organiser des programmes d'e'ducation publique, formels et
informels, pour donner aux femmes les moyens de prendre en main leur sante' et
les inciter a` le faire.  L'accent devrait e^tre mis en particulier sur les
programmes visant a` de'courager les mentalite's et les pratiques
pre'judiciables, comme la pre'fe'rence donne'e aux garc'ons, les mutilations
sexuelles, le meurtre des filles a` la naissance ou l'avortement des foetus de
sexe fe'minin, la violence, la discrimination a` l'e'gard des femmes et des
fillettes dans la re'partition de la nourriture et toutes autres pratiques
portant atteinte a` la sante' et au bien-e^tre des femmes;

     b)  Renforcer les lois, les institutions et les normes et pratiques
culturelles qui permettent de re'duire la discrimination a` l'e'gard des
femmes et qui exigent des hommes qu'ils assument leurs responsabilite's dans
les rapports sexuels et en matie`re de procre'ation et qu'ils s'occupent des
enfants et prennent part aux travaux me'nagers au me^me titre que les femmes;

     c)  E'tablir des documents d'information et les diffuser dans
l'enseignement ou dans le cadre de campagnes d'information afin que les hommes
et les femmes, en particulier les jeunes, soient mieux informe's des questions
de sante', notamment en ce qui concerne la sexualite' et la procre'ation, y
compris la menstruation, la grossesse, l'accouchement, l'abus de drogues et
d'alcool et la pre'vention de la violence;

     d)  Cre'er dans les e'coles, dans les entreprises et dans les communes
des programmes qui mettent le sport et les loisirs aussi bien a` la porte'e
des femmes - enfants et adultes - que des hommes;

     e)  E'laborer des politiques qui tiennent compte de la charge
disproportionne'e et croissante qui pe`se sur les femmes du fait que ce sont
elles essentiellement qui veillent a` la sante' et au bien-e^tre des membres
de la famille et de la collectivite', en mettant a` leur disposition des
services sociaux et des services de sante' adapte's, et adopter une
re'glementation qui garantisse aux femmes des conditions de travail non
discriminatoires a` tous les niveaux du secteur de la sante' et qui leur
permettent re'ellement de travailler;

     f)  Introduire des notions d'hygie`ne et de nutrition dans tous les
programmes d'alphabe'tisation des adultes ainsi que dans les e'coles de`s le
primaire;

     g)  Mettre a` jour les connaissances des agents sanitaires et revoir les
informations et les services mis a` leur disposition afin qu'ils puissent
dispenser aux femmes de tout a^ge, au moment voulu et en faisant preuve de
compre'hension, des soins de sante' adapte's qui tiennent compte des besoins
particuliers des femmes en matie`re de sante' physique et mentale, en
intervenant sur tous les plans (nutrition, activite' professionnelle,
environnement, sante' ge'ne'sique, etc.);

     h)  Re'duire de moitie' par rapport aux niveaux de 1990, la malnutrition
grave et mode're'e parmi les enfants a^ge's de moins de 5 ans.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE C.3

          Initiatives multisectorielles de lutte contre la pande'mie
           d'infection par le VIH, tenant compte des conditions de  
                                vie des femmes

Mesures a` prendre

82.  Les gouvernements, les organismes internationaux, les donateurs
bilate'raux et multilate'raux et les organisations non gouvernementales
devraient :

     a)  Faire participer les femmes, en particulier celles qui sont
touche'es par l'e'pide'mie, a` la prise de de'cisions dans tous les domaines
lie's a` l'e'pide'mie, y compris a` la mise au point de programmes et de
politiques de lutte contre l'infection par le VIH;

     b)  Assurer l'e'galite' des femmes et des hommes devant la loi,
conforme'ment aux principes e'tablis, faire en sorte que les femmes
be'ne'ficient de la protection de la loi et qu'elles puissent demander
re'paration des torts;

     c)  Modifier les lois et faire e'voluer les pratiques susceptibles de
rendre les femmes plus vulne'rables a` une infection par le VIH;

     d)  E'tablir des programmes et des strate'gies multisectoriels destine's
a` mettre fin a` la subordination sociale des femmes et des filles et a`
assurer leur e'mancipation e'conomique;

     e)  Mettre au point des programmes propres a` favoriser l'examen
collectif de strate'gies visant a` prote'ger les femmes et les jeunes filles
contre les maladies sexuellement transmissibles, y compris l'infection par le
VIH, la violence, et les grossesses non de'sire'es, ainsi qu'a` assurer une
re'partition e'quitable de la charge supple'mentaire cre'e'e par l'e'pide'mie;

     f)  Aider les femmes et les organisations fe'minines formelles et
informelles a` de'velopper la transmission des connaissances de femmes a`
femmes et a` concevoir et de'velopper des programmes de vulgarisation;

     g)  Mettre a` la disposition des femmes des services de pre'vention
abordables et accessibles qui tiennent compte de leurs besoins particuliers et
cre'er davantage de services de conseils a` l'intention des femmes;

     h)  Appuyer les travaux de recherche active portant sur des me'thodes de
pre'vention des maladies sexuellement transmissibles, y compris l'infection
par le VIH, qui soient peu cou^teuses et dont les femmes aient le contro^le;
sur les strate'gies mises en oeuvre par les femmes pour se prote'ger; et sur
les soins et l'aide a` apporter aux femmes infecte'es par le VIH, en veillant
a` ce que celles-ci soient associe'es a` tous les aspects de la recherche;

     i)  Mettre au point des programmes a` l'intention des garc'ons a` partir
de la pre'-adolescence et des hommes de tout a^ge pour les inciter a` adopter
un comportement responsable dans leur vie sexuelle et notamment a` utiliser
des pre'servatifs;

     j)  Organiser, a` l'intention des responsables et des dirigeants a` tous
les niveaux, y compris les autorite's religieuses et les autorite's
traditionnelles, des journe'es d'e'tude et des stages de formation
spe'cialise's sur la pre'vention de l'e'pide'mie et sur les conse'quences de
celle-ci aussi bien pour les femmes que pour les hommes;

     k)  Mettre des ressources et des services a` la disposition des femmes
qui ont a` leur charge des personnes touche'es par l'e'pide'mie et ceux qui
leur survivent, en particulier des enfants, et qui doivent s'en occuper
pratiquement seules;

     l)  Inciter tous les secteurs de la socie'te', y compris le secteur
public, a` adopter, face a` l'e'pide'mie d'infection par le VIH, une politique
du personnel et des pratiques guide'es par la compre'hension et la
solidarite';

     m)  Reconnai^tre que la mesure dans laquelle les femmes risquent d'e^tre
infecte'es par le VIH est lie'e tout a` la fois a` l'utilisation de drogues
intraveineuses et a` un comportement sexuel a` risque, influence' par la
drogue, et leur offrir des soins pre'ventifs et des traitements approprie's.

83.  Les organisations non gouvernementales, en particulier les organisations
de jeunes et les organisations fe'minines, devraient faciliter la mise au
point de strate'gies collectives contribuant a` prote'ger les femmes contre
l'infection, mobiliser tous les secteurs de la collectivite' et exercer des
pressions sur l'ensemble des autorite's responsables afin de les pousser a`
intervenir a` temps, efficacement et durablement et en tenant compte de la
spe'cificite' fe'minine.

84.  Les gouvernements, les organisations non gouvernementales, le Programme
commun sur le VIH et le sida et d'autres organismes des Nations Unies
devraient :

     a)  De'finir, sur les plans juridique et e'thique et dans le domaine des
droits de l'homme, des politiques qui tiennent compte des besoins des femmes,
en vue de guider l'action a` l'e'chelon mondial;

     b)  Lancer et appuyer des travaux de recherche portant sur les besoins
et la situation des femmes, notamment des travaux sur l'infection par le VIH
chez les femmes et sur les me'thodes de protection laissant l'initiative aux
femmes, comme les antimicrobiens non spermicides, par exemple;

     c)  Appuyer et renforcer les moyens dont disposent les pays pour
concevoir et ame'liorer des programmes et des politiques de lutte contre
l'infection par le VIH propres a` apporter soutien et protection aux femmes
compte tenu de leurs conditions de vie.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE C.4

           Promouvoir la recherche et la diffusion de l'information
                           sur la sante' des femmes

Mesures a` prendre

85.  Les gouvernements devraient :

     a)  Former du personnel et mettre en place des syste`mes permettant
d'utiliser les donne'es recueillies et analyse'es en fonction du sexe, de
l'a^ge et des diffe'rences socio-e'conomiques, aux fins de l'e'laboration des
politiques et de la planification;

     b)  Veiller a` ce que le nombre de femmes parmi les chercheurs et les
scientifiques augmente de manie`re a` atteindre au minimum l'objectif arre^te'
pour l'an 2000, a` savoir 30 % des effectifs, e'tant entendu que l'objectif de
l'e'galite' comple`te doit e^tre atteint le plus to^t possible;

     c)  Accroi^tre le soutien a` la recherche biome'dicale, comportementale
et e'pide'miologique et a` la recherche sur les services de sante', s'agissant
d'affections telles que le cancer du sein et les infections de l'appareil
ge'nital;

     d)  Aider au financement de la recherche sur les affections qui frappent
les femmes a` partir d'un certain a^ge, en particulier les affections
chroniques non transmissibles;

     e)  Financer la recherche sociale, e'conomique, politique et culturelle
sur les incidences des ine'galite's entre les deux sexes sur la sante' des
femmes (e'tiologie, e'pide'miologie, services offerts et utilisation de ces
services, re'sultats des traitements prescrits); appuyer les travaux de
recherche dans les domaines ne'glige's de la sante' fe'minine, par exemple
l'hygie`ne du travail, les maladies cardio-vasculaires, les maladies lie'es a`
l'environnement, les maladies tropicales et l'infection par le VIH et le sida;

     f)  Fournir un appui institutionnel et financier a` la recherche sur des
techniques su^res et peu cou^teuses, destine'es aussi bien aux hommes qu'aux
femmes, dans les domaines de l'hygie`ne sexuelle et de l'hygie`ne de la
procre'ation, y compris la recherche sur des me'thodes su^res et efficaces de
re'gulation des naissances, sur les me'thodes faisant obstacle a` la
transmission des maladies sexuellement transmissibles et a` l'infection par le
VIH et sur des techniques simples et peu cou^teuses de diagnostic de ces
maladies;

     g)  Financer la recherche sur les me'dicaments et les soins de sante'
traditionnels, en particulier sur les me'thodes employe'es par les femmes
autochtones, en vue d'introduire des me'thodes su^res, efficaces et peu
cou^teuses dans le syste`me de sante' publique;

     h)  Concevoir des programmes de diffusion des donne'es disponibles et
des re'sultats de la recherche.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE C.5

         Augmenter les ressources consacre'es a` la sante' des femmes

Mesures a` prendre

86.  Les gouvernements devraient :

     a)  Accroi^tre les allocations budge'taires destine'es aux services
sociaux et aux services de sante', sans ne'gliger pour autant les services de
sante' secondaires et tertiaires, et accorder une attention particulie`re aux
programmes de soins de sante' s'adressant aux femmes et aux filles et aux
programmes visant les zones rurales;

     b)  Mettre au point de nouveaux moyens de financement des services de
sante' en favorisant la participation des collectivite's et le financement
local.

87.  Les gouvernements, les institutions financie`res internationales et les
donateurs bilate'raux devraient :

     a)  Adopter des politiques favorables aux investissements publics dans
les services de soins de sante' destine's aux femmes et augmenter les fonds
qu'eux-me^mes consacrent aux investissements dans ce secteur;

     b)  Suivre et e'valuer les progre`s re'alise's en ce qui concerne
l'e'tat de sante' des femmes.

                    D.  La violence a` l'e'gard des femmes

88.  La violence a` l'e'gard des femmes constitue une violation des droits
fondamentaux de la personne humaine.  Depuis la Confe'rence de Nairobi, on
connai^t mieux ses causes, ses manifestations et les mesures a` prendre pour
la combattre.  Dans toutes les socie'te's, les femmes et les filles sont
victimes de violences physiques, sexuelles et psychologiques, et ce sans
distinction de classe sociale, d'appartenance a` un groupe ethnique, de
religion, d'a^ge ou de niveau de de'veloppement.  La De'claration sur
l'e'limination de la violence a` l'e'gard des femmes 6/ condamne la violence
que subissent les femmes et les filles en tant que telles au sein de leur
famille et dans la socie'te', qu'il s'agisse de violences dans la famille, de
viol, de harce`lement sexuel ou d'intimidation sur le lieu de travail et dans
les e'tablissements de formation, de traite des femmes et des fillettes et de
prostitution force'e, de pratiques traditionnelles dangereuses ou de violence
a` l'e'gard des femmes et des filles tole're'e par les E'tats.

89.  Les actes ou les menaces de violence instillent la peur et
l'inse'curite' dans la vie des femmes et rendent futiles leurs aspirations a`
l'e'galite'.  La violence a` l'e'gard des femmes de tout a^ge de'coule
essentiellement du statut infe'rieur accorde' a` la femme dans la famille et
la socie'te'.  Toutes les formes de violence physique, psychologique ou
sexuelle, que celle-ci s'exerce au foyer ou dans la socie'te', sont lie'es au
pouvoir, aux pre'rogatives et a` l'autorite' que de'tiennent les hommes.  La
violence se manifeste le plus souvent au sein de la famille, ou` elle est
souvent tole're'e, voire encourage'e.  Le manque de soins et les violences
physiques et sexuelles dont sont victimes les fillettes de la part de membres
de leur famille ainsi que les actes de violence et les viols commis par le
conjoint demeurent cache's et sont difficiles a` de'tecter.

90.  La violence a` l'e'gard des femmes et des filles est favorise'e par leur
ignorance de leurs droits, l'absence de lois interdisant la violence,
l'insuffisance des mesures d'application des lois prises par les pouvoirs
publics, et l'absence de moyens e'ducatifs et autres permettant de s'attaquer
a` ses causes.  Mettre au point une approche globale et multidisciplinaire
pour favoriser - ce qui n'ira pas sans peine - l'e'dification de familles
exemptes de violence est non seulement une ne'cessite', mais un objectif tout
a` fait re'aliste.  Le principe de l'e'galite' et du partenariat entre hommes
et femmes doit pre'valoir dans tous les aspects de la socie'te'.  Il faudrait
que les syste`mes e'ducatifs favorisent le respect de soi, le respect mutuel
entre hommes et femmes et le recours a` des me'canismes de re`glement des
conflits a` tous les niveaux.

91.  L'absence de statistiques ade'quates sur les cas de violence rend
l'e'laboration de programmes et le suivi de toute e'volution tre`s difficiles;

l'insuffisance de la documentation et de la recherche sur la violence
s'exerc'ant dans le cadre familial, sur le harce`lement sexuel, sur la
violence a` l'e'gard des femmes et des filles, en prive' et en public, comme
sur le lieu de travail, compromet l'e'laboration de strate'gies d'intervention
spe'cifiques.  L'expe'rience acquise dans un certain nombre de pays montre que
les hommes et les femmes peuvent e^tre mobilise's pour lutter contre la
violence sous toutes ses formes, et qu'il est possible de prendre des mesures
publiques efficaces pour s'attaquer tant aux conse'quences qu'aux causes de la
violence.  Les images des violences subies par les femmes, de viol ou
d'esclavage sexuel diffuse'es par les me'dias peuvent contribuer a`
ge'ne'raliser la violence et a` influencer les jeunes et la socie'te' en
ge'ne'ral.

92.  Les femmes re'fugie'es, de'place'es et migrantes ainsi que les femmes se
trouvant dans les zones de conflit ou sous occupation e'trange`re sont souvent
victimes de harce`lement sexuel et de violences de la part de ceux qui
de'tiennent l'autorite'.

93.  La Convention de 1949 pour la re'pression et l'abolition de la traite
des e^tres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui 7/ n'a
eu que peu d'impact sur l'e'limination de la traite des femmes a` des fins
sexuelles.  L'exploitation des femmes dans les re'seaux internationaux de
prostitution est devenu un phe'nome`ne international conside'rable, en raison
notamment de l'augmentation de la traite des jeunes filles et des enfants.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE D.1

             Prendre des mesures concerte'es afin de pre'venir et
                d'e'liminer la violence a` l'e'gard des femmes

Mesures a` prendre

94.  Les gouvernements devraient :

     a)  Adopter une le'gislation ade'quate ou renforcer la le'gislation
existante afin de faire de toutes les formes de violence a` l'e'gard des
femmes un crime, que cette violence s'exerce dans le cadre familial ou dans la
socie'te', et une violation des droits fondamentaux des femmes entrai^nant une
sanction judiciaire contre ses auteurs;

     b)  Poursuivre en justice les auteurs de violences a` l'e'gard des
femmes;

     c)  Adopter une le'gislation ade'quate ou renforcer la le'gislation
nationale existante conforme'ment a` la De'claration sur l'e'limination de la
violence a` l'e'gard des femmes, sans attendre et en mettant l'accent sur la
pre'vention de la violence, la protection des femmes victimes de violences, la
poursuite des de'linquants et la re'insertion des victimes et des
de'linquants;

     d)  Promouvoir a` tous les stades du syste`me e'ducatif le principe de
l'e'galite' et de la responsabilite' partage'e des hommes et des femmes, en
soulignant la relation qui existe entre l'ine'galite' entre hommes et femmes
et la violence a` l'e'gard des femmes, en affirmant que la violence a`
l'e'gard des femmes est ille'gale et en encourageant l'adoption de
comportements non violents et le respect mutuel entre hommes et femmes;

     e)  Mettre en place des me'canismes institutionnels permettant aux
femmes de signaler, en toute se'curite' et confidentialite', les actes de
violence dont elles sont victimes;

     f)  Adapter la formation du personnel judiciaire, juridique et policier
de manie`re a` le sensibiliser a` la nature de la violence qui s'exerce a`
l'e'gard des femmes afin d'assurer un traitement e'quitable aux victimes;
recruter davantage de femmes dans les professions vise'es;

     g)  Organiser des programmes d'information et de sensibilisation a`
l'intention du personnel des professions juridiques et de sante', faisant
appel a` des conseillers spe'cialistes bien au fait de la nature de la
violence a` l'e'gard des femmes et de ses manifestations.

95.  Les gouvernements, y compris les pouvoirs locaux, les organisations
communautaires et les organisations non gouvernementales devraient :

     a)  Fournir des structures d'accueil correctement finance'es aux femmes
victimes de violences et leur offrir une aide sous forme de conseils
me'dicaux, psychologiques et professionnels;

     b)  Organiser, soutenir et financer les campagnes communautaires
d'e'ducation et de formation visant a` faire comprendre que la violence est
une violation des droits fondamentaux de la personne et encourager les
communaute's a` recourir aux me'thodes traditionnelles ainsi qu'a` des
me'thodes novatrices de re`glement des conflits;

     c)  E'laborer des programmes d'e'ducation a` l'intention des filles, des
garc'ons et des femmes afin de leur apprendre a` se prote'ger contre la
violence;

     d)  Encourager les me'dias a` diffuser des informations sur l'assistance
offerte aux femmes qui sont victimes d'actes de violence.

96.  Les gouvernements, les employeurs, les syndicats, les organisations
communautaires, les organisations de jeunes et les organisations non
gouvernementales devraient :

     a)  Concevoir des programmes et mettre en place des proce'dures visant
a` e'liminer le harce`lement sexuel dans les e'tablissements de formation, les
lieux de travail et partout ailleurs;

     b)  Concevoir des programmes et mettre en place des proce'dures visant
a` e'duquer et sensibiliser le public en lui faisant comprendre que la
violence constitue une violation des droits fondamentaux de la femme;

     c)  E'laborer des programmes de conseil et de re'insertion a`
l'intention des adolescents issus de foyers ou` re`gne la violence.

97.  Les gouvernements, les organisations internationales et les
organisations non gouvernementales de femmes devraient :

     a)  Suivre l'application et e'valuer la porte'e de la Convention sur
l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes
/2, et notamment pour ce qui est de la recommandation 19 adopte'e a` sa
onzie`me session par le Comite' pour l'e'limination de la discrimination a`
l'e'gard des femmes 8/, et la De'claration sur l'e'limination de la violence
a` l'e'gard des femmes;

     b)  Renforcer le mandat du Rapporteur spe'cial des Nations Unies sur la
violence a` l'e'gard des femmes et appuyer ses travaux.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE D.2

           E'tudier les causes de la violence a` l'e'gard des femmes

Mesures a` prendre

98.  Les gouvernements, l'Organisation des Nations Unies, d'autres
organisations internationales, l'UNESCO,  l'Organisation des E'tats
ame'ricains et les instituts de recherche, les organisations de femmes et de
jeunes et les organisations intergouvernementales devraient :

     a)  E'tudier les causes de la violence a` l'e'gard des femmes dans leur
contexte social, e'conomique et politique;

     b)  Relever, notamment dans les registres des administrations, de la
police et des ho^pitaux, tous les cas de violence;

     c)  E'valuer l'influence des me'dias, y compris des publicite's, sur la
violence a` l'e'gard des femmes et encourager l'instauration d'une socie'te'
sans violence.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE D.3

      Adopter des mesures spe'ciales pour e'liminer la traite des femmes
                   et aider les femmes victimes de violences

Mesures a` prendre

99.  Les gouvernements devraient :

     a)  Appliquer les conventions internationales sur la traite des e^tres
humains et l'esclavage;

     b)  Prote'ger les jeunes femmes et les fillettes qui peuvent e^tre
victimes de traite a` des fins de prostitution force'e et pre'venir de
nouveaux abus, notamment en de'mantelant les re'seaux internationaux de traite
et en apportant une aide aux victimes;

     c)  Prendre des mesures spe'ciales pour e'liminer la violence a`
l'e'gard des femmes particulie`rement vulne'rables comme les jeunes femmes,
les handicape'es et les travailleuses migrantes, notamment en appliquant la
le'gislation existante relative aux travailleuses migrantes, dans les pays
d'origine comme dans les pays d'accueil;

             E.  Les effets des conflits arme's et d'autres types
                  de conflit sur les femmes                      

100. Le nombre de conflits arme's n'a pas diminue' avec la fin de la guerre
froide; des conflits ethniques et religieux se'vissent en re'alite'
pratiquement partout.  Le droit humanitaire, qui interdit les attaques contre
les populations civiles, est syste'matiquement ignore'; les droits de l'homme
sont viole's par les parties aux conflits.  Dans un monde ou` persistent
l'instabilite' et la violence, il est urgent de conside'rer la paix et la
se'curite' sous un jour nouveau.  Le point de vue des femmes pourrait aboutir
a` une conception plus constructive de l'utilisation du pouvoir et de la
solution des conflits.  Alors que les femmes sont perpe'tuellement
sous-repre'sente'es, voire absentes, au plus haut niveau des processus
de'cisionnels en matie`re de paix et de se'curite', elles subissent de fac'on
disproportionne'e les conse'quences des conflits arme's.  Lorsqu'elles en ont
l'occasion, les femmes se montrent aptes a` re'soudre les conflits, aussi bien
au niveau national qu'au niveau international.

101. On a vu maintes fois que les femmes excellent a` la ne'gociation, au
dialogue et aux formes de solution des conflits qui ne reposent pas sur
l'utilisation de la force militaire.  Pourtant, elles sont nettement
sous-repre'sente'es aux postes a` responsabilite' des ministe`res de la
de'fense et des affaires e'trange`res, de l'arme'e, des forces de police, des
organes internationaux de me'diation et des ope'rations de maintien de la paix
des Nations Unies.  Pour que les femmes puissent contribuer au me^me titre que
les hommes au re'tablissement et au maintien de la paix, elles doivent avoir
acce`s au pouvoir politique et e'conomique et e^tre repre'sente'es a` tous les
niveaux des processus de'cisionnels.

102. Si elles ne participent pas a` la prise de de'cisions, les femmes et les
filles subissent spe'cialement les conse'quences des conflits arme's et du
militarisme en raison me^me de leur sexe et de leur position dans la
socie'te'.  La violence touche les femmes de tous a^ges, qui sont victimes du
terrorisme, de tortures, de viols, de disparitions et de de'placements de
population.  A` quoi s'ajoutent les effets sociaux et psychologiques des
conflits arme's, qui traumatisent en particulier les jeunes femmes et les
filles pour toute leur vie.  Quatre-vingt pour cent des 25 millions de
re'fugie's et de personnes de'place'es dans le monde sont des femmes et des
enfants qui sont expose's, en plus de la violence et de l'inse'curite'
qu'implique leur situation, a` des privations et au manque de services.  Il
est donc impe'ratif que les femmes re'fugie'es participent activement a` la
prise de de'cisions, a` l'e'valuation des besoins et a` la planification ainsi
qu'a` la mise en oeuvre des activite's.

103. Afin de mettre un terme a` l'instabilite' qui re'sulte de la production
d'armes et de leur prolife'ration, des organisations non gouvernementales
fe'minines demandent une re'duction des de'penses militaires dans le monde
entier et l'e'limination du commerce international des armes, mettant en
question la moralite' d'une culture militariste et du recours aux conflits
arme's pour re'soudre les diffe'rends.  Ce sont les pauvres qui souffrent le
plus des transferts massifs d'armements, des de'penses militaires et des
conflits arme's, car ce sont eux qui sont touche's par le manque
d'investissement dans les services de base.  Les organes directeurs
internationaux concerne's par la se'curite' collective devraient envisager
d'autres moyens d'assurer la se'curite' que la rivalite' politique et
l'armement.

104. Pour parvenir a` une paix durable, il est essentiel de dispenser une
e'ducation favorisant une culture pacifique, soucieuse de justice pour toutes
les nations et pour tous les peuples.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE E.1

       E'largir et renforcer la participation des femmes aux de'cisions
                  et leur ro^le dans la solution des conflits

Mesures a` prendre

105. Les gouvernements et les institutions intergouvernementales,
internationales et re'gionales devraient :

     a)  Mener une action palliative et corrective en vue d'atteindre un
e'quilibre entre les deux sexes et d'assurer la participation e'gale
- nume'riquement et qualitativement - dans toutes les instances et a` toutes
les ope'rations des Nations Unies concernant la paix et la se'curite', a` des
postes de diplomates et de responsables, notamment au Secre'tariat de l'ONU;

     b)  E'largir la participation des femmes dans toutes les instances des
Nations Unies et a` toutes les activite's relatives a` la paix et a` la
se'curite'.  Des objectifs pre'cis pourraient e^tre fixe's dans ce but;

     c)  Inte'grer une proportion significative de femmes a` toutes les
ope'rations de maintien de la paix, de re'tablissement de la paix, de
consolidation de la paix et de diplomatie pre'ventive, y compris aux missions
d'enque^te et d'observation, ainsi qu'a` tous les stades de la me'diation et
des ne'gociations de paix;

     d)  Veiller a` une repre'sentation e'quilibre'e des hommes et des femmes
dans les organes internationaux tels que le Tribunal criminel international
pour l'ex-Yougoslavie et la Cour internationale de Justice.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE E.2

     Re'duire puis e'liminer la disponibilite' des instruments de violence

Mesures a` prendre

106. Les gouvernements devraient :

     a)  Intensifier la conversion a` des fins pacifiques des ressources
affecte'es a` la de'fense et aux industries connexes;

     b)  Entreprendre d'examiner de nouveaux moyens de de'gager d'autres
ressources financie`res de sources publique et prive'e, notamment en
re'duisant dans la mesure voulue les de'penses militaires excessives, y
compris les de'penses militaires et le commerce des armes a` l'e'chelon
mondial, ainsi que les investissements ayant pour objet la production et
l'acquisition d'armes, en tenant compte des impe'ratifs de se'curite'
nationale, de manie`re a` pouvoir e'ventuellement allouer des fonds
supple'mentaires au de'veloppement e'conomique et social;

     c)  Contro^ler la mise au point, la production, le de'ploiement et la
vente d'armes en vue finalement de leur e'limination totale, dans un premier
temps en e'largissant le Registre des armes classiques de l'ONU de manie`re a`
couvrir la production, en rendant l'enregistrement obligatoire et en incluant
dans le Registre tous les types d'armes, notamment les armes chimiques et les
armes biologiques;

     d)  Interdire l'utilisation des mines terrestres, dont plus de
10 millions sont disse'mine'es dans 64 pays un peu partout dans le monde, ce
qui porte le cou^t estime' du de'minage a` au moins 33 milliards de dollars
des E'tats-Unis;

     e)  Imposer aux citoyens qui participent a` la production et a` la
commercialisation d'armes des re'parations pour les dommages cause's lors des
conflits, en pre'voyant des amendes spe'ciales pour les ventes et les
transferts illicites d'armes, en particulier du Nord au Sud.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE E.3

         Promouvoir des formes non violentes de solution des conflits

Mesures a` prendre

107. Les gouvernements et les organisations internationales et re'gionales
devraient :

     a)  Encourager la diplomatie, la ne'gociation pacifique et une approche
non militaire de la solution des conflits;

     b)  Ratifier, si cela n'a pas e'te' fait, les Protocoles additionnels
de 1977 aux Conventions de Gene`ve de 1949;

     c)  Cre'er un organe spe'cial des Nations Unies pour la solution des
conflits par des tiers, compose' d'hommes et de femmes en nombre e'gal;

     d)  Faire du viol utilise' comme technique de guerre un crime de guerre
au me^me titre que le ge'nocide, le terrorisme et la torture et introduire des
dispositions contre le viol dans l'article 75 du Protocole additionnel I
de 1977 9/ aux Conventions de Gene`ve de 1949;

     e)  Cre'er des institutions propres a` rompre le cycle de la violence,
notamment des tribunaux appele's a` juger les crimes de guerre, des
commissions de la ve'rite' et des commissions pour la paix nationale et
associer les femmes aux initiatives de re'conciliation nationale;

     f)  Inclure dans la liste des me'thodes de re'tablissement de la paix
utilise'es par les Nations Unies des pratiques traditionnelles de solution des
conflits et de re'conciliation prenant l'un et l'autre sexe en conside'ration
et tenant compte des conditions locales;

     g)  Rendre obligatoire pour l'ensemble du personnel participant aux
ope'rations de maintien de la paix des Nations Unies une formation prenant en
conside'ration l'e'le'ment fe'minin.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE E.4

                        Favoriser une culture pacifique

Mesures a` prendre

108. Les gouvernements, les institutions intergouvernementales
internationales et re'gionales, et les organisations non gouvernementales
devraient :

     a)  Promouvoir a` l'intention de tous les membres de la socie'te' une
formation a` la solution des conflits et a` l'e'ducation a` la paix dans les
e'tablissements d'enseignement, les collectivite's et les familles.  Des
programmes d'e'change entre jeunes seraient particulie`rement be'ne'fiques;

     b)  S'agissant du financement des instituts et des organismes de
recherche, donner la priorite' aux programmes et aux projets relatifs a` la
paix et a` la se'curite' qui tiennent compte de la spe'cificite' des sexes;

     c)  Dans l'exe'cution du Plan d'action de la De'cennie des Nations Unies
pour l'e'ducation dans le domaine des droits de l'homme (1995-2004) 10/,
veiller a` mettre en oeuvre des programmes spe'cifiques d'information sur les
droits fondamentaux de la femme, notamment dans leur rapport avec la paix;

     d)  Centrer les recherches effectue'es par l'ONU et les instituts de
recherche sur la paix sur les conse'quences des conflits pour les femmes et
sur la porte'e, la nature et l'efficacite' de la participation des femmes aux
mouvements pacifistes internationaux, nationaux et locaux.  Il convient d'axer
la recherche sur les me'canismes traditionnels de pre'vention de la violence
et de solution des conflits, ainsi que sur le point de vue des femmes en
matie`re de paix et de se'curite';

     e)  Diffuser, s'agissant de l'ONU, la Charte des Nations Unies et faire
en sorte que les principes relatifs a` la solution des conflits soient
enseigne's dans le monde entier;

     f)  Cre'er des me'canismes propres a` reme'dier aux conse'quences
sociales et psychologiques des conflits arme's sur les femmes, en particulier
les femmes jeunes et les filles;

     g)  Cre'er des commissions civiles nationales, compose'es d'hommes et de
femmes en nombre e'gal, qui soumettraient a` l'examen du public toutes les
de'penses et activite's militaires, y compris les activite's de recherche-
de'veloppement.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE E.5

     Fournir assistance et formation aux femmes re'fugie'es et de'place'es

Mesures a` prendre

109. Les gouvernements, les organisations intergouvernementales et non
gouvernementales ainsi que les autres institutions participant a` l'assistance
aux re'fugie's et aux personnes de'place'es, en particulier le Haut
Commissariat des Nations Unies pour les re'fugie's et le Programme alimentaire
mondial devraient :

     a)  Veiller a` ce que les femmes participent a` la conception, a`
l'exe'cution, a` la surveillance et a` l'e'valuation de tous les projets et
programmes a` court ou long terme d'assistance aux femmes re'fugie'es et
de'place'es, et notamment a` la gestion des camps de re'fugie's et des
ressources qui y sont consacre'es;

     b)  Prendre des dispositions visant a` garantir la se'curite' physique
des femmes re'fugie'es et de'place'es, aussi bien durant leur de'placement
qu'au moment de leur retour dans leur localite' d'origine;

     c)  Fournir des secours d'urgence adapte's aux besoins spe'cifiques des
femmes;

     d)  Appliquer les normes internationales garantissant aux femmes
l'e'galite' de droits, l'acce`s aux proce'dures d'octroi du statut de
re'fugie' et le droit d'asile.  Prendre en conside'ration les facteurs lie's
au sexe, en accordant le statut de re'fugie'es aux femmes qui invoquent une
crainte justifie'e de la perse'cution pour les raisons mentionne'es dans la
Convention de Gene`ve de 1951 sur le statut des re'fugie's 11/ et dans le
Protocole de 1967 12/;

     e)  Axer tous les programmes sur la promotion de l'autonomie des femmes
re'fugie'es et de leurs droits fondamentaux, y compris l'ensemble des droits
lie's a` leur statut de re'fugie'es;

     f)  Veiller a` la reconnaissance des droits fondamentaux des femmes
re'fugie'es, y compris tous les droits de'coulant de leur statut de
re'fugie'es et le droit a` la re'unification familiale;

     g)  Adopter des mesures spe'ciales devant permettre aux femmes
re'fugie'es de tous a^ges de participer a` des programmes de formation
professionnelle afin de pouvoir s'inte'grer sur le marche' du travail :
formation linguistique, formation a` la mise sur pied de petites entreprises;
introduction a` la planification familiale et conseils concernant la violence
dans la famille;

     h)  Encourager et organiser au sein des collectivite's de re'fugie's et
de personnes de'place'es revenues dans leur localite' d'origine, a`
l'intention des femmes, et en particulier des jeunes femmes, des programmes
spe'ciaux de formation au ro^le de responsable et a` la prise de de'cisions;

     i)  Informer le public, par l'interme'diaire des me'dias, par
l'e'ducation et par des programmes spe'ciaux, afin de favoriser la
compre'hension et la tole'rance a` l'e'gard des re'fugie's et des personnes
de'place'es.

     F.  L'ine'galite' dans l'acce`s et la participation des femmes a` la
          de'finition des structures et politiques e'conomiques et au   
           processus de production lui-me^me                            

110. La participation des femmes a` la vie e'conomique s'est
conside'rablement accrue ces 10 dernie`res anne'es; elles sont devenues des
recrues de pre'dilection dans de nombreuses branches d'activite' et ont acquis
une place pre'ponde'rante dans les petites et moyennes entreprises. 
S'agissant de la prise des de'cisions e'conomiques, toutefois, les femmes
demeurent sous-repre'sente'es aux niveaux national et international.  De
me^me, dans les institutions multilate'rales, tre`s peu de femmes participent
au processus de formulation des politiques qui de'finissent les modalite's des
programmes d'ajustement structurel, des pre^ts et des subventions.  Les
pratiques discriminatoires en matie`re d'enseignement, de formation,
d'embauche et de promotion, la rigidite' des conditions de travail et le
partage ine'gal des responsabilite's familiales continuent de limiter l'emploi
des femmes, leurs chances de promotion et leur mobilite' dans le secteur
structure'.  De plus, certains comportements entravent leur participation a`
la prise des de'cisions e'conomiques et restreignent l'acce`s des filles a`
l'enseignement de la gestion e'conomique et a` la formation dans ce domaine. 
Inversement, on a constate' que de plus en plus de femmes entreprenaient de
leur propre initiative des activite's autonomes dans le secteur paralle`le,
comptant sur leurs propres connaissances, capacite's et qualifications et leur
approche cre'ative et novatrice du financement, de la commercialisation et de
la gestion.

111. Les obstacles juridiques et coutumiers qui empe^chent les femmes
d'acce'der a` la proprie'te', aux terres, aux ressources naturelles, au
capital, a` la technologie et aux autres moyens de production freinent aussi
leur progre`s e'conomique.  La valeur de la contribution non re'mune're'e des
femmes a` l'e'conomie, qu'il s'agisse d'entreprises familiales, de travaux
d'inte're^t ge'ne'ral ou de ta^ches domestiques, reste me'connue et n'est donc
pas prise en conside'ration dans les comptabilite's nationales.

112. La mondialisation de l'e'conomie va a` l'encontre des initiatives
personnelles des femmes en matie`re d'e'pargne, de production et de commerce. 
La division internationale et sexuelle du travail a accentue' la se'gre'gation
des femmes, qui tendent a` e^tre cantonne'es dans un nombre limite' de
professions.  Cette tendance se traduit par de maigres salaires, de faibles
qualifications et l'absence de se'curite' d'emploi, dans le secteur structure'
comme dans le secteur paralle`le.  Jeunes femmes et migrantes restent les
employe's les moins bien prote'ge's par la le'gislation du travail et de
l'immigration.  Les possibilite's d'emploi des femmes, notamment les jeunes
femmes, sont limite'es par des conditions de travail rigides et une
re'partition inade'quate des ta^ches domestiques, en particulier les soins aux
enfants et aux personnes a^ge'es.

113. Dans les entreprises transnationales et nationales, tre`s peu de femmes
participent a` la gestion et a` la prise des de'cisions en raison des
politiques et pratiques discriminatoires qui pre'valent en matie`re d'embauche
et de promotion - conse'quence des pre'juge's dont elles souffrent.  C'est
pourquoi un nombre croissant de femmes deviennent proprie'taires et
gestionnaires de petites et moyennes entreprises.  Cette expansion du secteur
paralle`le est due pour une grande part aux femmes, dont les pratiques,
respectueuses des principes de la collaboration et de l'effort personnel ainsi
que des traditions, constituent une pre'cieuse ressource e'conomique. 
Lorsqu'elles ont acce`s au cre'dit, aux ressources, a` la technologie, a` la
formation, et qu'elles peuvent en avoir le contro^le, les femmes sont capables
d'accroi^tre la production, la commercialisation et les recettes pour subvenir
durablement a` leurs propres besoins.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.1

           Assurer aux femmes la jouissance des droits e'conomiques

Mesures a` prendre

114. Les gouvernements devraient :

     a)  Concevoir des me'canismes permettant aux femmes d'acce'der et de
participer a` la de'finition des structures et politiques e'conomiques par le
biais d'organismes tels que les ministe`res des finances, les commissions
e'conomiques nationales et les instituts de recherche e'conomique;

     b)  Re'former le droit commercial et le droit des biens de manie`re a`
octroyer aux femmes la libre disposition, la proprie'te' et le contro^le des
ressources naturelles et e'conomiques et des be'ne'fices qu'elles tirent de
leur propre activite' e'conomique, ainsi que le plein acce`s aux services
techniques;

     c)  Re'former les lois re'gissant le fonctionnement des institutions
financie`res de manie`re a` offrir des services aux femmes sur un pied
d'e'galite' avec les hommes;

     d)  Re'viser et appliquer les politiques nationales appuyant les
me'canismes d'e'pargne et de pre^t dont disposent traditionnellement les
femmes;

     e)  Faire en sorte que les politiques nationales relatives aux accords
commerciaux internationaux et re'gionaux prote`gent les activite's
e'conomiques nouvelles ou traditionnelles des femmes;

     f)  Cre'er des politiques d'emploi souples, qui facilitent la
restructuration des rythmes de travail et favorisent le partage des
responsabilite's familiales;

     g)  Promulguer une le'gislation assurant l'e'galite' des chances et en
encourager le respect dans le secteur prive' par l'octroi de contrats;

     h)  Veiller a` ce que des analyses de l'impact de toutes les politiques
macro et micro-e'conomiques sur l'emploi des hommes et des femmes soient
effectue'es, que les re'sultats de ces analyses soient reconnus et qu'il leur
soit donne' suite.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.2

       Prendre des mesures positives pour faciliter l'e'galite' d'acce`s
       des femmes aux ressources, a` l'emploi, aux marche's et aux     
                             e'changes commerciaux

Mesures a` prendre

115. Les gouvernements devraient :

     a)  Cre'er des programmes (ou les modifier) visant a` donner aux
agricultrices, notamment celles qui participent a` la production alimentaire,
un acce`s e'gal aux nouvelles technologies, aux services de vulgarisation et
aux facilite's de commercialisation et de cre'dit;

     b)  Augmenter la proportion des femmes qui travaillent comme agents de
vulgarisation et des autres fonctionnaires qui offrent une assistance
technique ou administrent des programmes e'conomiques;

     c)  Examiner les politiques et re`glements pour veiller a` ce qu'ils ne
soient pas discriminatoires a` l'e'gard des petites et moyennes entreprises
dont les proprie'taires sont des femmes, dans les zones rurales et urbaines;

     d)  Cre'er des conseils consultatifs et d'autres instances pour offrir
aux femmes chefs d'entreprise la possibilite' de contribuer a` la formulation
des politiques et programmes e'labore's par les ministe`res de l'e'conomie et
les institutions bancaires;

     e)  Mener a` bien des e'tudes nationales concernant l'impo^t sur le
revenu et les re'gimes de se'curite' sociale pour e'liminer toute partialite'
au de'triment des femmes, notamment les femmes au foyer.

116. Les organismes nationaux charge's de la promotion de la femme devraient
analyser, conseiller et coordonner l'e'laboration de politiques qui inte`grent
les besoins et inte're^ts des travailleuses inde'pendantes et femmes chefs
d'entreprise dans les politiques, programmes et budgets sectoriels et
interministe'riels.

117. Les gouvernements, les banques centrales et les banques nationales de
de'veloppement devraient :

     a)  Accorder des pre^ts en bloc, en assurer le refinancement et offrir
des incitations au secteur bancaire local ainsi qu'aux interme'diaires qui
desservent les femmes chefs d'entreprise dans les zones rurales et urbaines;

     b)  Structurer les services de manie`re a` atteindre les femmes
s'occupant de petites et moyennes entreprises dans les campagnes et dans les
villes, en particulier les jeunes femmes qui n'ont pas acce`s au capital ni
aux actifs.

118. Les gouvernements et les organisations non gouvernementales
devraient diffuser aupre`s des femmes des informations sur les marche's, les
e'changes commerciaux et les ressources.

119. Les bailleurs de fonds multilate'raux tels que le Fonds international de
de'veloppement agricole (FIDA), la Banque mondiale, les banques re'gionales de
de'veloppement et le Fonds d'e'quipement des Nations Unies ainsi que les
institutions de financement bilate'rales et prive'es, aux niveaux
international, re'gional et sous-re'gional, devraient :

     a)  Examiner les politiques, programmes et projets pour veiller a` ce
qu'une proportion plus e'leve'e des ressources soit mise a` la disposition des
femmes, notamment dans les zones rurales;

     b)  E'laborer des me'canismes financiers souples afin de financer les
institutions interme'diaires cible'es sur les activite's e'conomiques des
femmes, qui favorisent leur autonomie et permettent d'accroi^tre la capacite'
et la rentabilite' de leurs entreprises e'conomiques.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.3

        Fournir aux femmes a` faible revenu des services professionnels
      et leur ouvrir l'acce`s aux marche's, a` l'information et a` la   
                                  technologie

Mesures a` prendre

120. Les gouvernements, les organisations non gouvernementales aux niveaux
communautaire et national et le secteur prive' devraient :

     a)  Mettre en place une infrastructure en matie`re de communications, de
stockage et de transports pour veiller a` ce que les femmes chefs d'entreprise
aient acce`s aux marche's;

     b)  E'laborer des programmes spe'ciaux offrant aux femmes une formation
et des services peu cou^teux en matie`re de gestion, de mise au point des
produits, de financement, de production, de contro^le de la qualite', de
commercialisation et de conseils juridiques;

     c)  Cre'er des fonds d'investissement spe'ciaux pour appuyer les
entreprises dirige'es par des femmes et axer sur les femmes les programmes de
promotion du commerce;

     d)  Diffuser aupre`s des jeunes filles et des jeunes femmes des
informations sur des femmes chefs d'entreprise qui ont re'ussi et sur les
aptitudes ne'cessaires pour connai^tre le me^me succe`s; faciliter le maillage
de re'seaux et l'e'change d'informations;

     e)  Fournir des services d'appui, par exemple des garderies d'enfants.

121. Les organismes industriels et commerciaux locaux, nationaux et
internationaux et les organisations non gouvernementales s'occupant de
questions fe'minines devraient pre'coniser au niveau national la promotion et
le soutien des entreprises dirige'es par des femmes, y compris celles du
secteur paralle`le, ainsi que le plein acce`s des femmes aux ressources
productives.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.4

        Renforcer la capacite' e'conomique et les re'seaux commerciaux
                                  des femmes

Mesures a` prendre

122. Les gouvernements devraient :

     a)  Adopter des politiques d'appui aux organismes industriels et
commerciaux, aux organisations non gouvernementales, aux coope'ratives, aux
coope'ratives d'e'pargne et de cre'dit, aux organisations locales et a`
d'autres groupes pour fournir des services aux femmes chefs d'entreprise des
zones rurales et urbaines;

     b)  Concevoir des programmes spe'ciaux a` l'intention des femmes
victimes des programmes d'ajustement structurel, et la transition vers
l'e'conomie de marche' pour les femmes qui travaillent dans le secteur
paralle`le;

     c)  Adopter des politiques qui renforcent les groupements fe'minins
d'assistance mutuelle et les associations de travailleuses au moyen de formes
de soutien non classiques;

     d)  Utiliser les travaux des chercheuses et techniciennes ainsi que le
savoir autochtone des femmes pour ame'liorer la capacite' de gain.

123. Les interme'diaires financiers, instituts nationaux de formation,
coope'ratives d'e'pargne et de cre'dit, organisations non gouvernementales,
associations de femmes, organismes professionnels et le secteur
prive' devraient :

     a)  Offrir une formation financie`re et technique autorisant la
participation des femmes, notamment des jeunes femmes, aux niveaux national,
re'gional et international;

     b)  Offrir des services aux entreprises, notamment en matie`re de
commercialisation et d'information sur les e'changes commerciaux, de
conception des produits et d'innovation, de transfert de technologie et de
contro^le de la qualite', tant au secteur travaillant pour le marche'
inte'rieur qu'au secteur travaillant pour l'exportation;

     c)  Favoriser l'e'tablissement de liens techniques et commerciaux et
cre'er, entre femmes chefs d'entreprise, aux niveaux national, re'gional et
international, des coentreprises qui appuient les initiatives venues de la
base;

     d)  Renforcer les coope'ratives de production et de commercialisation
fe'minines, en particulier dans les zones rurales;

     e)  Investir des capitaux et constituer des portefeuilles
d'investissement permettant de financer les entreprises dirige'es par des
femmes;

     f)  Appuyer les projets novateurs et les re'seaux de cre'dit, y compris
les plans d'e'pargne traditionnels.

124. Les socie'te's transnationales et nationales devraient :

     a)  Adopter des politiques et cre'er des me'canismes d'octroi de
contrats sur la base de la parite' aux travailleuses inde'pendantes et aux
femmes chefs d'entreprise;

     b)  Recruter des femmes aux e'chelons de la prise de de'cisions et de la
direction, ainsi que dans les programmes de formation a` la gestion, sur un
pied d'e'galite' avec les hommes.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.5

          E'liminer la se'gre'gation professionnelle et l'ine'galite'
                               de re'mune'ration

Mesures a` prendre

125. Les gouvernements, les employeurs, les employe's, les syndicats et les
organisations de femmes devraient :

     a)  Incorporer les normes internationales sur l'e'galite' des droits des
femmes en matie`re e'conomique dans le droit interne, comme le stipulent le
Pacte international relatif aux droits e'conomiques, sociaux et culturels
13/ et les conventions de l'Organisation internationale du Travail (OIT),
notamment la Convention No 156 concernant les travailleurs ayant charge de
famille, y compris la protection des droits des femmes migrantes et
handicape'es;

     b)  Adopter et appliquer des lois interdisant toute discrimination
fonde'e sur l'a^ge et le sexe sur le marche' du travail, en matie`re
d'embauche, de promotion, de prestations ou de se'curite' sociale, et en ce
qui concerne les conditions de travail discriminatoires et le harce`lement
sexuel;

     c)  Mettre au point des programmes et services pour les femmes qui
arrivent sur le marche' du travail, en particulier les femmes rurales et les
jeunes femmes, ainsi que celles qui sont victimes des programmes d'ajustement
structurel;

     d)  Mettre en oeuvre des programmes d'action palliative en matie`re de
recrutement et de promotion des femmes dans tous les secteurs, et en suivre
l'application;

     e)  Stimuler davantage les entreprises pour accroi^tre le nombre de
centres de formation professionnelle et de recyclage qui donnent aux femmes
une formation dans des domaines non traditionnels;

     f)  Informer les femmes, surtout les jeunes femmes, sur les cours de
formation professionnelle disponibles dans des branches non traditionnelles,
scientifiques et techniques, et notamment celles qui offrent de nouveaux
de'bouche's e'conomiques;

     g)  E'laborer des programmes spe'ciaux pour permettre aux femmes
handicape'es d'obtenir et de conserver un emploi;

     h)  Adopter des lois consacrant le principe de la re'mune'ration e'gale
a` travail e'quivalent;

     i)  Renforcer ou cre'er des instances juridiques connaissant des
affaires de discrimination salariale;

     j)  Re'duire de moitie' le travail des enfants avant l'an 2000.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.6

                 Cre'er un environnement professionnel souple

Mesures a` prendre

126. Les gouvernements devraient :

     a)  E'tendre la protection des lois relatives au travail et a` la
se'curite' sociale aux emplois a` temps partiel et temporaires et aux
travailleurs saisonniers ou a` domicile et adopter des lois favorisant un
de'roulement de carrie`re fonde' sur des conditions de travail souples;

     b)  Adopter des lois octroyant un conge' parental tant a` la femme qu'a`
l'homme et encourageant le partage des responsabilite's familiales entre
hommes et femmes.

127. Les gouvernements, le secteur prive' et les organisations non
gouvernementales devraient :

     a)  Cre'er des programmes de formation qui re'inte`grent les femmes dans
le marche' du travail apre`s un conge' parental ou une interruption de
carrie`re;

     b)  Encourager les horaires souples;

     c)  Concevoir des programmes d'enseignement visant a` faire connai^tre
et accepter le principe du partage des responsabilite's familiales;

     d)  Mettre en place des garderies d'enfants sur le lieu de travail et
offrir des horaires souples.

          G.  L'ine'galite' entre hommes et femmes dans le partage du
              pouvoir et la prise de de'cisions a` tous les niveaux

128. Malgre' le mouvement ge'ne'ralise' vers la de'mocratisation auquel on a
assiste' ces 20 dernie`res anne'es, les femmes ne sont gue`re plus nombreuses
a` avoir acce'de' au pouvoir politique au sein des organes le'gislatifs et
l'objectif de 30 % de femmes aux postes de prise de de'cisions qu'avait fixe'
le Conseil e'conomique et social n'a pas e'te' atteint.  Bien qu'elles
repre'sentent pre`s de la moitie' de l'e'lectorat dans pratiquement tous les
pays et ont le droit de voter et d'e^tre e'lues depuis plus d'une
ge'ne'ration, peu d'entre elles sont candidates a` une fonction publique. 
L'e'cart qui demeure entre l'e'galite' de droit et de fait dont jouissent les
femmes ainsi que leur absence du pouvoir et de la prise de de'cisions
te'moignent d'une discrimination tenant a` la fois aux structures et aux
comportements.  A` l'exception des pays nordiques, ou` les partis politiques
et les gouvernements ont expresse'ment pris des mesures a` cette fin, seuls
10% des postes de parlementaires et un pourcentage encore plus re'duit de
portefeuilles ministe'riels sont actuellement de'tenus par des femmes dans
l'ensemble du monde.  Omnipre'sents dans les programmes d'enseignement et de
formation, au sein des partis politiques et de l'administration, les
comportements discriminatoires constituent un obstacle a` la participation des
femmes a` la vie politique et empe^che le monde de be'ne'ficier de leur point
de vue et de l'influence qu'elles pourraient avoir sur la conduite des
affaires.  Seule la pleine participation des femmes a` tous les niveaux du
processus de prise de de'cisions permettra d'instaurer l'e'galite', le
de'veloppement et la paix.

129. Les femmes repre'sentent plus de la moitie' de l'e'lectorat dans
pratiquement tous les pays ou` des e'lections se tiennent.  Leur participation
aux e'lections et aux campagnes des partis politiques est conside'rable. 
Elles ont aussi de'ja` fourni la preuve de leurs remarquables aptitudes a`
diriger lorsqu'elles occupent une fonction publique.  Mais la place reconnue
a` la femme dans la socie'te' et les ste're'otypes ne'gatifs a` son e'gard,
ve'hicule's notamment par les me'dias, font croire que le pouvoir et les
responsabilite's politiques sont la pre'rogative des hommes, ce qui de'courage
souvent les femmes de jouer un ro^le politique et re'duit la cre'dibilite' des
candidates.

130. E'tant exclues des voies traditionnelles qui me`nent au pouvoir, telles
que les organes de prise de de'cisions des partis politiques et les syndicats,
les femmes y ont acce'de' par le biais d'autres structures, en particulier
dans le secteur des organisations non gouvernementales.  Celles-ci leur ont
permis d'exposer leurs inte're^ts et leurs proble`mes, et inscrire les
questions relatives aux femmes parmi les pre'occupations nationales,
re'gionales et internationales; de ce fait, les gouvernements ont pris
davantage de de'cisions en collaboration avec les organisations de femmes.

131. L'ine'galite' dans le domaine public commence souvent par des
comportements et des pratiques discriminatoires au sein du me'nage ou`
s'effectue d'emble'e le partage du pouvoir entre hommes et femmes.  Une
meilleure re'partition des responsabilite's et la prise de de'cisions sur un
pied d'e'galite' au sein du me'nage peuvent amener les femmes a` participer
davantage a` la vie publique.  Des re'seaux et structures de prise de
de'cisions informels refle'tant la domination masculine empe^chent les femmes
de participer de fac'on e'gale a` la vie politique e'conomique.

132. La faible proportion de femmes occupant des postes de responsabilite'
aux niveaux national, re'gional et international fait apparai^tre l'existence
d'obstacles dus aux structures et aux comportements, qu'il faut chercher a`
e'liminer par l'adoption de mesures concre`tes.  Les entreprises
transnationales et nationales, les banques et les organisations
internationales et re'gionales, y compris celles qui rele`vent du syste`me des
Nations Unies, n'ont pas recrute' ni promu de femmes a` des postes de
direction, de responsabilite' politique, de diplomatie et de ne'gociation.  

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE G.1

               Prendre des mesures propres a` assurer aux femmes
              l'e'galite' d'acce`s et la pleine participation aux
              structures du pouvoir et a` la prise de de'cisions

Mesures a` prendre

133. Les gouvernements devraient :

     a)  Fixer des objectifs et e'tablir des me'canismes pour faire inscrire
des femmes sur les listes des partis politiques en tant que candidates a` une
fonction publique et nommer des femmes a` des postes de responsabilite' dans
la fonction publique;

     b)  Nommer autant de femmes que d'hommes aux conseils consultatifs et
autres organismes publics;

     c)  Collecter, analyser et diffuser des donne'es quantitatives et
qualitatives sur les femmes occupant des postes de responsabilite' dans les
secteurs public