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Conséquences écologiques
Les
patients du docteur Ainura Sadvokasova, qui viennent à l'Hôpital
central régional de la ville d'Aralsk au Kazakhstan, vivent dans
une zone de catastrophe environnementale, dans l'une des régions
du monde les moins peuplées.
Au
début des années 60, Aralsk était un port de pêche
et de transit ferroviaire très occupé. Aussi incroyable
que cela puisse paraître, il se trouve aujourd'hui à 100
kilomètres de la côte nord de la mer d'Aral, une mer qui
est en train de rétrécir. Il fût un temps où
la mer d'Aral était le quatrième plus grand lac du monde
et le centre d'une importante industrie de pêche.
Sous
l'ère soviétique, ses eaux ont été largement
détournées pour irriguer les cultures, ce qui a causé
son asséchement. Les conséquences en ont été
dévastatrices pour l'environnement, l'économie et la santé
des habitants de la région. Le sel et la poussière, provenant
des fonds découverts, ont été transportés
dans l'air et ont détruit la végétation et les
cultures naturelles. Ils sont également liés à
une augmentation du nombre de maladies respiratoires et peuvent causer
des cancers de la gorge ou de l'aésophage. Les scientifiques
craignent que la Mer d'Aral disparaisse complètement d'ici à
2015 si son assêchement continue.
L'hôpital
d'Aralsk ne possède ni les ressources, ni l'expertise nécessaires
pour gérer une situation médicale qui se dégrade.
Toutefois, un projet coordonné par l'Organisation des Nations
Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO)
permet à des médecins comme le docteur Sadvokasova d'obtenir
un deuxième avis de la part de spécialistes médicaux.
Un
appareil portable à ultrasons récemment mis au point transmet
et reçoit des images en trois dimensions aux hôpitaux partout
sur la planète. Ceci signifie que le docteur Sadvokasova peut envoyer,
par satellite, des images de ses patients au Centre de diagnostic d'Alamty,
la plus grande ville du Kazakhstan.
«
Auparavant,
lorsque nous avions des doutes sur un diagnostic, nous devions conseiller
aux patients d'aller à Almaty pour une consultation, mais beaucoup
d'entre eux n'y allaient pas par manque d'argent. Aujourd'hui, nous
pouvons immédiatement consulter les médecins les plus
expérimentés d'Almaty. Si à Almaty, ils ont des
doutes, ils peuvent alors envoyer les images à Coimbra, à
Portuga, » explique-t-elle.
L'équipement
en question est en train d'être testé par des médecins
dans d'autres pays, notamment en Ouganda, dans les Iles canaries (Espagne)
et aux Assores (Portugal), dans le cadre d'un projet appelé TeleInVivo,
financé par la Communauté européenne. (InVivo est
un software permettant de visionner les données 3D). L'UNESCO
coordonne le projet dans les pays non européens.
Le projet fait du diagnostic et de la consultation à distance
une réalité, même dans les conditions les plus extrêmes.
Il favorise en outre la collaboration médicale internationale
et le partage d'informations et d'expertise entre les spécialistes.
Au
Kazakhstan, la médecine à distance est une priorité
de plus en plus grande. Après une semaine d'utilisation, le docteur
Sadvokasova a été impressionnée par les capacités
de TeleInVivo, qui lui ont permis de participer à des consultations
préliminaires et de recevoir des recommandations d'un spécialiste
d'Almaty.
La
capacité des médecins spécialistes à se
connecter avec d'autres médecins installés dans des zones
isolées ainsi qu'à les aider dans leurs consultations
et leurs diagnostics pourrait permettre d'initier un important tournant
international tant au niveau de la pratique que des principes des soins
médicaux.
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